Mystérieux groupe londonien dont on ne sait presque rien, bar italia sort un nouvel album après deux premiers opus aux allures d'expériences étranges et un silence qui pousse à en découvrir plus. Avec Tracey Denim, tout en restant sur un format de titres plutôt courts, le groupe propose cette fois un album presque standard avec 15 morceaux sur 44 minutes.

Malgré tout, les trois compères principaux du collectif, Nina Cristante, Jezmi Tarik Fehmi et Sam Fenton, brouillent encore les pistes, passent de la balade pop au brûlot bruitiste en naviguant parfois du côté de Bristol avec des réminiscences des meilleures ?uvres du label Sarah Records. Les voix se mélangent, s'entremêlent, surprennent. On retrouve tantôt la scansion des Happy Mondays, la voix distordue des Strokes première époque mais également la folie du collectif Bran Van 3000 où chaque titre peut puiser dans un registre ou un style différent.

Parmi les perles du disque, on notera l'incroyable final de "Nurse!" avec son solo basse batterie au son cristallin, ou encore la bouillonnante "Friends", en fin d'album où, sur un nuage de distortion noisy-pop, les trois voix se passent le relais pendant 2 courtes minutes. On aimerait tant que certains titres durent plus longtemps mais le groupe n'en a que faire : l'urgence est là, radicale, les fins sont abruptes. Sous un masque pop, bar italia ne fait pas de concession et livre des morceaux bruts, secs, qui remuent et laissent l'auditeur sur sa faim, avec l'envie de remettre le disque sur la platine pour en avoir encore plus.

On sent les influences de The Cure, déjà repris de manière surprenante sur un précédent album, de Sonic Youth par les expérimentations et les jeux de sons mais c'est avant tout un hommage complet au rock indé des années 90, comme si on découvrait la bande démo d'un groupe oublié et dont les membres auraient disparu. La chance, c'est qu'ils sont bien vivants et en train de faire une tournée mondiale. A ne pas manquer donc, et à suivre absolument car ils n'ont sûrement pas encore tout dit.