Un choiseau, un teckal, un elephon, un marmoquin, une tortache, etc. on en croise d’étranges animaux dans ce disque. Vous l’aurez compris, ces drôles de zèbres : le saxophoniste Romain Dugelay, le tromboniste Simon Girard et la pianiste Anne Quillier ont de l’imagination.

Une imagination qui profite très largement à la musique. Tout comme les animaux chimériques de Rama Taupia, l’ensemble combine les imaginaires, les contrastes, joue avec les lignes mélodiques et rythmiques. Il dispose pour cela de tout un éventail de possibles : les différents modes de jeux, la grammaire de la musique de chambre, le vocabulaire du jazz (et de ses différentes esthétiques). Rien ne se perd, tout se crée, tout se transforme. Les instruments forment des lignes qui se rejoignent, dialoguent, se séparent.

Une idée semble en entraîner de nombreuses autres, les chemins deviennent sinueux, des abstractions lyriques, mais l’interaction et l’énergie sont toujours omniprésentes. Un léger vent de folie aussi, la poésie également.

Saxophone baryton, trombone, piano la formule aurait de quoi interroger (déséquilibre des tessitures...) mais c’est une belle réussite.