End of fashion, la fin d'une saison, la fin d'une époque, la fin d'une mode : la musique.

Cinq fois de suite que le CD tourne, cinq fois de suite, et je suis toujours incapable de retenir une putain de chanson de cet album.

Mais arrive l'été, les beaux jours et les vacances estivales, les plus belles vacances d'une année. En été on peut tous devenir des branleurs de première, c'est ça le côté magique. Quand on a une petite maison à deux pas de la plage en Espagne, que l'on paye ses paquets de cigarettes 2€50 et ses verres à peine 2€... l'idée d'être pété de thunes, ça monte vite à la tête.

Oui c'est le moment des branleurs, les petits shorts et les super tongs en cuir. Même les mecs se mettent à se pomponner le soir pour aller en boite. Comme dans cette boite de Rossas, le Picasso. On y va dans l'état d'esprit de choper, on est les rois de la dance, alors toutes les filles seront plus faciles. Enfin ça c'est l'idée.

Ca me rappelle cette histoire du mec qui va en boite avec sa copine, ils ont à peine 16 ans. Lui est sapé à mort, lunettes Oklay noir uni, il les a achetées parce qu'il a vu les dernier clip de Metallica et que James Hetfield a les mêmes ; puis un polo Marlboro, le noir avec le cow-boy rouge en plein sur le coeur.

C'est la révélation de tout un état esprit, aller en boite fringué comme ça, le Jean Diesel à 400€ et les pompes Acuponctur tout droit venues de Soho, London comme il aime dire. Sa copine elle, bien sûr a le tout très court, il fait chaud ce qui justifie bien des exhibitions. Alors le petit couple va en boite, l'été prétextant leur besoin de s'amuser, s'éclater la tronche à coup de shooters de tequila, "Ca aide à danser" dit-elle, on veut bien la croire. Puis lui a le coeur accroché... les yeux rivés sur une grande brune, bronzée à souhait, mini-jupe blanche et chaussures à talons, les lanières en cuir emprisonnant ses jambes jusqu'aux genoux.

Forcément il est accroché, comme tous les garçons de seize ans qui remarquent des sous-vêtements noirs sous des habits blancs. Sauf que lui, il a le vibe comme on dit, il a surtout l'alcool dans le sang, il a l'envie dans les tripes. Les garçons de seize ans sont des gens courageux dès qu'il s'agit d'envie, surtout durant l'été. Remarquez le nombre de temps que peuvent passer ses minis hommes à combattre leur acné, la tête rivée devant la glace, Biactol en main, attaquant chaque parcelle de leur peau à grands coups de coton démaquillant...

La volonté le sauvera, il ira danser près de cette fille, les yeux pleins d'un faux dédain, le regard charmeur depuis Marlon Brando et "The Wild One", la recette censée infaillible pour garnir son lit. Alors son dédain se trahira par un coller-serrer, une danse combative, corps à corps jusqu'à la mort sur la dernière merde à la mode, peut-être les Las Ketchup. Le tableau aurait plu au grand Tom Jones.

Et puis bien sûr, enchaînant l'excitation mentale sur les regards furtifs, il arrivera à voler un baiser à la belle inconnue, à ses lacets de cuir et sa petite robe blanche... le tout sous les yeux de sa copine occupée à repousser les avances d'un espagnol trop bourré. "Mira, esta mi amor con esta chica" lui montrrea-t-elle du doigt. Et lui dans son français si charmant lui dira "C'a t'a pas dérangée qu'il embrasse la fille ?". La terre ne tourne pas toujours rond avec cette génération, son naturel lui fera dire que "L'été excuse tout".

Alors l'été excuse tout, il excuse donc bien l'album des End of fashion. J'aurais bien pu vous faire un papier fracassant, une descente de cet album avec des phrases telle que "Si l'adage populaire tend vers la pensée disant que l'homme pense plus avec ses attributs que sa tête, les End of Fashion se seraient tout simplement résignés à réfléchir : à défaut d'être intelligent ce disque n'est même pas excitant... "

Bref, un papier avec ce genre à taper sur un groupe tel que celui-là? C'est leur premier album, c'est un produit marketing qui na rien de bien méchant. On peut taper sur la tête des plus grands, je crois que c'est même nécessaire, mais un truc comme cela ça ne vaut pas le coup d'être descendu en flèche.

Et puis ils ne sont pas si désagréables que cela. C'est de la musique pour l'été, avec de gros refrains bien calibrés, terriblement sucrés. Oui, un truc à écouter sur le bord de la plage en Espagne en regardant les filles passer avec cette langueur qui leur est si particulière quand il fait chaud. En plus ils ont fait une chanson se rapprochant de "Where is my mind" mais dans une version pop vide. Ca tient du génie quand même. "O Yeah" ça s'appelle, c'est vous dire le contenu de la chanson.

Non , End Of Fashion me semble le groupe idéal pour la B.O de vos films de vacances. Ne serait-ce que pour le sublime titre "Look Up Your Daughter". En fait ça sonne comme du Travis à pas mal de moments, un Travis avec de vrai faux mauvais garçon. "Surveille ta fille ou je vais la choper". Oui pourquoi pas !

Alors je propose que l'on écoute cet album à fond en partant en vacances, ça changera du traditionnel Stepenwolf ou du rock rural à la Credence Clearwater Revival. Après tout dépend d'où vous avez décidé de passer vos vacances. Tous les fans de Bretagne ont plus intérêt à emmener un Nick Cave, c'est pile poil assez déprimant pour la région, l'iode et le granit.

Et n'oubliez pas, l'été excuse tout.