Théodore Larue, professeur d'université à Los Angeles se l'est enfin avoué : sa vie est ratée. Autant en finir. Il prend sa voiture avec la ferme intention d'aller se suicider.

Las ! Même ça, il le rate : en chemin, il est victime d'un accident de la route, et meurt, décapité dans le choc.

Cérémonie funèbre. Ils sont tous là. Son épouse et ses deux enfants, le doyen de l'université, quelques collègues, de vagues parents… Grossièrement recousu, Théodore Larue gît dans son cercueil.

Au beau milieu d'un chant funèbre, Théodore se relève. Plus vivant que mort, finalement, il tente de rentrer chez lui avec sa famille, plutôt choquée, alors que son retour à la vie provoque de violentes émeutes, l'hystérie des media, la concupiscence de l'armée, autant que celle du corps médical.

A ce moment de l'histoire, vous en êtes page 20…

Si le prétexte initial est outré, Percival Everett va en jouer avec finesse tout au long de son roman et nous permettre, grâce aux nombreuses pérégrinations de Théodore de visiter, avec un grand humour, quelques uns des piliers (mythes ?) de la société américaine : l'armée (enfin la vérité sur les fameux hélicoptères noirs !), la religion (coté gourous cinglés, tant qu'à faire), les media (vous avez dit hypocrites ?), la science (ultime bastion des esprits éclairés ?).

Et finalement nous interroger sur notre condition de « vivants ».

Ce "Désert Américain" est à la fois très drôle et très riche réflexion et perspectives en tout genre sur nos sociétés occidentales.

Un régal.