Bienvenue dans le monde merveilleux du Marketing Global.
Je me suis refusée à lire "Da Vinci Code". Je ne vous impose pas les raisons de ce choix. Je veux simplement être honnête.
En revanche j'ai lu il y plus de vingt ans (je suis ce que l'on appelle lecteur précoce- sic) un livre intitulé "L'Enigme Sacrée". Je l'ai lu en plein dans ma période recherche-et-compréhension-du-monde, période baptisée depuis par d'éminents chercheurs télévisuels celle du "syndrome de la conspiration"
Bref.
Et en fait, si, je vais vous imposer une des raisons qui ont fait que je n'ai pas lu "DaVinci Code", c'est que tout est déjà dans "L'Enigme Sacrée".
Rapide résumé de "L'Enigme Sacrée" : le Christ n'est pas mort en croix, il s'est fait la malle et a filé le guilledoux avec Marie-Madeleine, ils ont eu tout plein d'enfants, dont les descendants sont les Mérovingiens, et ce sang, qui coule encore dans les veines de certains veinards, eh ben devinez-quoi : c'est le Saint Graal. S'ensuit un inventaire à la Prévert de tous les gentils et les méchants qui ont tenté de se l'approprier ou de le sauver (suivant le cas) au premier rang desquels les inénarrables Templiers et les non moins célèbres Francs-Maçons (je vous épargne les autres).
Depuis sa sortie en 1982, ce livre et ses auteurs Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln, se font éreinter par tout ce que les mondes littéraire et historique comptent d'experts et sommités. Inexactitudes historiques, rhétoriques simplistes, associations de faits disparates mais soigneusement sélectionnés pour proposer une vision et l'imposer comme LA solution, faits déformés, tordus, j'en passe et des meilleurs…
Aussi quand le Barnum médiatique déployé autour de DaVinci Code est arrivé jusqu'à moi (un problème d'insonorisation, sans doute), j'ai trouvé très étrange qu'à une distance d'à peine 20 ans, les susmentionnés experts et sommités se fissent si silencieux. Etaient-ils morts ? Possible, on ne devient pas experts ou sommités dans ses belles années. Mais que diantre, aucun autre expert ou sommité pour se dévouer et monter au créneau de cette soupe manipulatrice ? Faut croire que non. Peut-être sont-ils désormais à la solde des éditeurs ? Sont –ils passés du coté obscur de la force ?
Mulder, au secours !
Je me tournai donc vers les seuls en qui je pouvais encore avoir confiance : mes amis. Et de leur expliquer ce revirement invraisemblable. Sans être une sommité ni un expert d'aucune sorte, je me décidai à monter au créneau : c'est donc moi qui lèverai le voile de cette l'incroyable manipulation et dessillerai les yeux de mes contemporains.
Je partis donc avec mon cyber baluchon, en quête d'informations irréfutables.
Et là, patatra ! C'est à moi que la première critique sur laquelle je tombe ouvre les yeux : Dan Brown recommande chaudement la lecture "L'Enigme Sacrée" !
Encore plus : des personnages de Dan Brown portent des noms directement issus des patronymes des auteurs de "L'Enigme Sacrée" (Leigh Teabing – anagramme de Baigent) etc… ; "L'Enigme Sacrée" est belle est bien présenté comme le livre sur lequel Dn Brown s'est appuyé (il a bien fait de faire attention, il aurait pu les écraser en s'appuyant davantage…).
Et de nouveau, "l'Enigme Sacrée" se retrouve sur le devant le scène, est réédité en poche à des milliers d'exemplaires… c'est le retour en grâce, en lieu et place du plagiat que je voulais dénoncer.
Piquée au vif j'errai de sites en interviews pour constater une manipulation des plus contemporaines : disparues (ou bien cachées) les critiques acerbes, Hosanna à la Révélation de l'invraisemblable complot.
Si j'avais des doutes sur la sincérité du monde qui m'entoure, peut-être suggérerais-je que les maisons d'éditions, voire les auteurs se sont mis d'accord. Si j'étais franchement sceptique, je me poserais le question suivante : était-ce avant l'écriture et la publication du livre ou bien après la publication, pour éviter de fâcheuses discussions d'avocats ?
Une fois de plus, dindons de la farce d'un plan marketing implacable qui reprend les faits, les tord à nouveaux (retord ?) pour pimenter une des soupes les plus fades de la littérature historico-policière de ces dernières années.
Las !
Si le cœur vous en dit, prenez à votre tour le cyber baluchon que j'ai posé au début de cette dénonciation avortée.
Pour ma part, voici les deux articles que je retiens : "Not InDavincible" de James Patrick Holding (mais qui sont ces gens ?) et celui que j'aurais aimé écrire : "Holy Blood, Holy Grail" de Ken Mondschein
Sus au complot !
