Comédie en chansons adaptée de la pièce de Carlo Goldini par Justine Heynemann et Sonia Leplat, mise en scène de Justine Heynemann, avec Sophie Artur, Isabelle Auvray, Noémie Daliès, Pétronille de Saint Rapt, Céline Dupuis, Suzanne Legrand, Jean-Pierre Moulin, David Nathanson, Bruno Paviot, Pierre Trapet, Pablo Valero et les musiciens Frédéric Gayon (guitare), François Puyalto (basse) et Assen Tzankov (percussions).
L'affiche, une statue antique munie d'une poussette à provisions, est à la mesure du dessein de Justine Heynemann et Sonia Leprat qui, pour pallier aux impossibilités rencontrées pour la traduction de la poésie du texte original des "Cuisinières" écrit en octosyllabes, ont choisi de le mettre en musique et d'y insérer des chansons, de manière à "créer un univers poétique et explosif qui soit à la fois un hommage au théâtre de Goldoni et une forme moderne jouant avec des références contemporaines".
En d'autres termes, il s'agit de "revisiter" un classique pour le mettre au goût du jour, tendance très actuelle. Ainsi après Rameau mis à la sauce hip-hop dans "Le Roi Soleil", la funky "Fille de Fantomas" et le mix gothico-rap du "Bourgeois gentihomme", voici venu le tour de Goldoni version variétés pop-rock.
Cela étant, la pièce de Goldoni, qui traite de la condition des cuisinières en place à Venise, ces femmes du peuple pour qui la domesticité constituait le seul moyen pour se faire une pelote avant de retourner s'établir dans leur pays, et pour lesquelles le carnaval, synonyme de fête et d'anonymat, permettaient toutes les fantaisies, est très datée. Dès lors le cocktail vire au salmigondis.
Les puristes grimperont aux rideaux et les amateurs de divertissement hype crieront au génie. Un constat s'impose : il s'agit d'une tendance très actuelle.
Restent le texte de Goldoni et son talent pour nouer d'amusantes intrigues et des comédiennes particulièrement bien inspirées : Sophie Artur, impériale de naturel, Pétronille de Saint Rapt à l'abattage certain et Noémie Daliès, au décalage parfait.
