Avec l'énergie et l'abattage de Muriel Robin et le verbe cru de Jean-Marie Bigard, Elisabeth Buffet, "Seule dans sa culotte", nous propose un one woman chaud brut de décoffrage.

Nous l'avons rencontré juste à la sortie d'une réprésentation pour en savoir plus. A la ville comme à la scène, Elisabeth Buffet est nature et sympathique.

Vous êtes une petite nouvelle dans le monde du one woman show. Comment avez-vous commencé?

Elisabeth Buffet : Au début, il y a 15 ans, j'ai pris de cours pour devenir comédienne. Et comme beaucoup le moyen le plus rapide de pouvoir accéder à la scène c'est décrire ses propres textes. Car les castings et les auditions restent très aléatoires.

J'ai donc fait beaucoup de scènes ouvertes comme le FIELD ou le Folies Pigalle ce qui m'a permis à la fois de rencontrer beaucoup de gens, comme Christophe Alévêque, Jean-Luc Lemoine, Djamel, mais aussi de faire mes classes en matière de jeu et d'écriture. Sous des formes différentes, duo, quatuor, j'ai essayé effectivement de monter des spectacles mais sans que cela débouche sur du concret à long terme. Nous faisons parfois quelques scènes mais de manière très ponctuelles.

Et puis, il y a 2 ans, l'approche de la quarantaine a constitué pour moi un déclic. J'étais tenté depuis longtemps de faire un one woman show mais j'avais une peur terrible au ventre. Et je n'arrivais même pas à visualiser le fait d'aller seule sur une scène. Et puis, le temps passant je me suis dit que je passais peut être à côté d'une chose importante. Et "Seule dans sa culotte" est né.

Toujours plutôt dans la comédie et le rire?

Elisabeth Buffet : Oui. Parfois j'écris pour moi des choses pas drôles encore que ce qui fait rire c'est souvent les choses pas drôles qui arrivent à votre voisin. J'ai pris mon temps pour écrire ce spectacle. Deux ans qui m'ont permis de le peaufiner mais aussi de reculer l'échéance d'une certaine manière. J'ai testé les sketches sur scène et il est vrai que parfois je me suis pris de grosses claques car j'avais écris des choses pour me faire plaisir mais qui ne marchaient pas. D'où 60% des textes sont partis à la poubelle.

Donc ré-écriture et de nouveau test devant un public?

Elisabeth Buffet : Oui. Et puis j'ai rencontré mon metteur en scène qui m'aide beaucoup.

Comment avez-vous ordonné vos sketches pour constituer un spectacle cohérent ?

Elisabeth Buffet : Ca a été long et laborieux même s'il y avait intrinsèquement une cohérence puisqu'ils racontent les mésaventures qui arrivent à un personnage. C'est un peu empirique au début et puis il y a la sanction ultime qui est le rire du public.

Où avez-vous rodé le spectacle?

Elisabeth Buffet : Dans un pauvre lieu infâme, le Koçona café.

Ouh la !

Elisabeth Buffet : Comme vous dîtes ! Mais c'est une super école !

Il est clair que quand on a joué dans cet endroit, on peut jouer n'importe où !

Elisabeth Buffet : Effectivement. Mais moi j'étais ravie car c'était ma première opportunité de jour mon spectacle. Et j'avais un horaire pas facile le mardi à 22h30 avec les pochetrons du bar qui venaient faire des commentaires sur la culotte ! Et c'est là que Gérard Sibelle de "Juste pour rire", qui va voir tous les spectacles même dans les endroits les plus ignobles de France, de Navarre et de Belgique. Il est venu plusieurs fois pour me voir et comme il voulait développer une vitrine de jeunes talents au Moloko, j'y ai joué pendant 1 an et demi. C'était quasiment l'Olympia pour moi ! (rires).

Et maintenant le Petit Gymnase.

Elisabeth Buffet : Oui. Et ce théâtre est doté d'une vraie structure qui permet de faire connaître le spectacle et de faire venir le public.

Vous jouez jusqu'à quand?

Elisabeth Buffet : Jusqu'au 1 er avril. Je ne sais pas encore s'il y aura des possibilités de prolongation. Ensuite je ferai quelques festivals dont la 1 ère édition du Festival de Nantes créé par "Juste pour rire".

Vous écrivez toujours de nouveaux sketches?

Elisabeth Buffet : Non, en ce moment, cela ne vient pas car je suis trop investie dans ce spectacle et cela me prend stout mon temps et toute ma tête.

Avec "Seule dans sa culotte" vous développez un registre comique, plutôt trash qui est peu usitée par les femme sui restent toujours très soucieuses de leur image.

Elisabeth Buffet : Oui, cela correspond à ma nature. Quand je ne me surveille pas, je parle comme ça avec mes copines. Et ça fait marrer les filles mais les mecs sont parfois interloqués. Et bien oui, les femmes parlent comme ça aussi !

Question toujours un peu difficile : y a-t-il des comiques ou des formes d'humour auxquels vous êtes particulièrement sensible et qui constitueraient des références ?

Elisabeth Buffet : Plutôt des goûts que des références. J'aime beaucoup Dieudonné. "Le divorce de Patrick" est un de mes meilleurs souvenirs de spectacles. J'aime aussi beaucoup Jean-Jacques Vannier pour sa beauté, sa poésie et son surréalisme. Côté fille, j'ai découvert Julie Ferrier qui est super bien notamment dans sa capacité à se transformer en interprétant des personnages différents. Même si ce sont des thèmes mille fois vus on est sous le choc et sous le charme. Mes premiers émois sont bien sûr dus à Muriel Robin au point que j'avais même attrapé sa manière de parler.

Vos projets à long terme tournent autour du one woman show?

Elisabeth Buffet : Oui. Il y a dans le one woman show une sorte de mise en danger qui me convient bien. C'est aussi très intéressant sur le plan personnel.

Votre personnage Elisabeth c'est Elisabeth Buffet?

Elisabeth Buffet : Oui, c'est très largement moi m^me si tout ce qui arrive au personnage ne m'est pas forcément arrivé. Le spectacle me permet de me connaître, d'analyser mes rapports avec les autres et m'autoconstruire. C'est difficile à expliquer.

Le chemin est plus important que le but?

Elisabeth Buffet : Oui, exactement. D'autant que dans ce métier il n'y a jamais de ligne d'arrivée. L'avenir est toujours incertain même pour les plus grands. Ce qui est essentiel est de garder le plaisir, malgré le travail et la pression.

Donc malgré vos mésaventures sur scène…

Elisabeth Buffet : …bein ça va !