Dopée par des prestations live mémorables (aucuns des spectateurs présents au Divan du Monde l’an passé pour la soirée Rough Trade des Inrocks n’a pu oublier pareil spectacle) ainsi que par d’incroyables simples tout juste remarqués de l’autre côté de la Manche ("Fear Of Drowning", "Remember Me" et plus récemment "Carrion/Apologies To Insect Life"), la cote de la formation de Brighton n’a cessé d’enfler au cours de l’année qui vient de s’écouler.

Au point d’être pressentie pour devenir une ‘next big thing’ du moment. Comme le mentionne pompeusement la couverture, ce premier album a tout du classique instantané. A commencer par cette pochette toute en sobriété, ornée de feuilles d’arbres – tout comme les musiciens – avec cette intrigante maxime : "We ourselves may be loved only for a brief time … Even so, that will suffice … There is a land for the living and there is a land for the dead …".

Tout aussi mystérieux est le nom des membres du groupe : Yan, Hamilton, Noble et Wood. Débutant par des chants grégoriens "Men Together Today", le disque explose immédiatement avec "Apologies To Insect Life", hanté par les vocaux épileptiques d’un Yan véritablement habité, dignes de l’improbable rencontre entre Don Van Vliet et Ian Curtis.

Fortement influencé par un garage rock rock déjanté à la Captain Beefheart, le groupe se montre également friand d’ambiances que n’auraient pas reniés le Joy Division des débuts ou encore Echo And The Bunnymen comme en témoigne le passage béni du milieu de l’album : "Remember Me", "Fear Of Drowning", "The Lonely" et "Carrion".

C’est en plage numéro 10 que l’on retrouve enfin cet apocalyptique morceau proche du quart d’heure ayant clôturé leur show en novembre dernier dénommé "Lately", véritable apogée du disque s’achevant dans un chaos dévastateur du meilleur effet. Plus encore que de conseiller l’achat de ce disque déglingué, original, tripant mais avant tout absolument génial, sachez que même si admirablement retranscrite en studio, l’ampleur de la musique de British Sea Power ne se révèle véritablement que sur scène.