Avec Loopkin, nous avions émis l’idée de chroniquer cet album sans l’écouter uniquement à partir du visuel et des informations de la pochette. Pari à moitié tenu.

Le groupe Sub Oslo sort The Rites of Dub. Le groupe a pour blason un écusson couronné avec soleil flamboyant encadré d’un lion et d’un serpent avec pour devise "Pure Texas Dub Est 1996". Nous voilà déjà plongés dans l’expectative : un groupe texan, au nom de capitale scandinave, sévit depuis 1996 dans la musique dub ! L’autre face de la pochette , toujours en noir et blanc, nous offre un ciel blanc, deux faucons aux ailes déployés de chaque côté du même soleil qui surplombe une allégorie animalière tarabiscotée : quatre éléphants debouts sur le ventre d’une tortue couchée sur un serpent supportent une tour de Babel ailée qui conduit au nirvana solaire.

Pages intérieures, la composition du groupe : 8 membres qui, sous la houlette de John Knuckles, propose une instrumentation riche et variée comportant des cordes, des percussions et des instruments à vent. Une clarinette dans le dub voilà qui attise la curiosité ! S'agirait-il d'une musique puissante comme les éléphants, aérienne comme les oiseaux, hypnotique comme le regard reptilien et progressive comme le pas de la tortue?

Impossible donc d'en rester là ! Il faut bel et bien écouter l'album.

L’ambition des texans de Sub Oslo n’est pas des moindres : sortir le dub confiné aux studios jamaïcains pour jouer en live. Si de leur état d'origine, les Sub Oslo ont gardé quelques séquelles, un peu de guitare par ci, quelques notes d'harmonica par là, qui les éloignent du dub aseptisé et équipé pour la course, ils restent dans la tradition du dub en nous offrant une musique planante, atmosphérique et riche en rythmes et en instrumentation.

Ainsi le morceau "Sub oslo Vs Bookshelf speakers" lorgne avec bonheur du coté de la mère-patrie avec sa rythmique de guitare reaggae par-dessus laquelle sont ajouté les effets dub (percussions tout en douceur notamment) et dont les variations de rythme chaloupent entre nos oreilles.

"Sep Dub" démarre sur des percussions à consonances tibétaines sur lesquelles se greffe insidieusement un harmonica nomchalant qui joue à cache cache au gré des changements de tempo.

"Dark and Lovely" est un morceau plus noir (d'où le titre ?) qui fait parfois penser à une bande son de film avec ses nappes synthétiques angoissantes sur lesquelles sont jouées quelques notes de guitare (toujours le même son un peu rasta, propre au dub), le tout étalé sur plus de 9 minutes, relax....

Le dernier morceau "13th hour Dub" plus dépouillé que jamais dans son instrumentation mais très alambiqué dans sa construction, clôt l'album sur une ambiance presque jazzy / post rock.

Un disque qui ose le renouveau du dub et ravira les profanes grâce à une musique certes faite de boucles de sons empilées avec intelligence et qui ne tourne pas en rond malgré la longueur des morceaux. D'ailleurs si la durée de l'album frôle les 60 minutes, il ne contient que 6 titres plus un morceau MP3 "Science Live" également en vidéo.

Si avec cela vous n'arrivez pas à vous relaxer, c'est que vous n'êtes pas fait pour écouter du dub.