Stand up de et par Alexis Macquart.

A l'instar d'un ton novateur, apporté par le Rap français il y a une quinzaine d'années, le Stand up hexagonal n'a cessé, ces derniers temps, de voir multiplier ses adeptes.

Le souci étant que, tout comme il ne suffit pas au rappeur de porter un bonnet pour être pertinent, il ne suffit pas au stand uppeur d'avoir un micro à la main pour être drôle.

C'est dans cet exercice que réside toute la difficulté et c'est bien là qu'Alexis Macquart fait toute la différence.

Le bonhomme est férocement inspiré et n'a pas besoin, comme beaucoup, de rire en permanence de son texte pour nous faire croire qu'il est irrésistible. Ce qui est incontestablement le cas de cet "humour-noiriste" bien au-dessus de tout ce que l'on peut voir ou plutôt entendre en ce moment.

Car il s'agit bien avant tout d'écoute et sans déroger à la règle qui consiste à raconter des choses de la vie, Alexis Macquart se défend d'enfoncer les portes ouvertes.

En les claquant d'ailleurs brillamment sur nos esprits tellement formatés au politiquement correct que l'on aurait presque tendance à oublier la légitimité d'un artiste à nous bousculer. Et en aucun cas à nous conforter dans nos pseudo-certitudes convenues et tellement discutables pour celui qui se donne la peine de les penser librement.

L'artiste, lui, s'est bien donné cette peine et elle n'est pas perdue, loin s'en faut.

Quant à nous, nous ne perdons ni notre temps ni notre argent, puisque le spectacle est au chapeau et que l'on a qu'une envie, après avoir tant reçu, c'est d'être généreux à notre tour.

Alors, un conseil, prévoyez plus que des pièces jaunes, d'autant que ce n'est pas David Douillet que vous viendrez applaudir, même si l'humoriste vous mettra lui aussi au tapis.

Ce qui m'amène alors, après le roi des tatamis, à énoncer un nouveau parallèle avec l'artiste, mais cette fois-ci par le biais d'un autre roi, celui du fast-food. J'affublerais volontiers Alexis Macquart du surnom de "BIG MAC'Art" qui, lui, paradoxalement, est loin d'être né-fast-e pour le "consommateur".

Enfin, et pour terminer dans l'esprit de cette soirée (im)pertinente, je dirai simplement que je ne laisserai à personne le droit d'affirmer que ce spectacle ne crève pas trois roues à un paraplégique !