A Suburbia, une idéale zone pavillonnaire de banlieu américiane, dans laquelle chacun est enfermé dans des petites maisons aux enchanteresses couleurs pastels symbolisant la merveilleuse réussite de l'american way of life, une représentante en cosmétiques s'aventure dans un affreux vieux château abandonné.

Elle découvre Edward, un être humain fantastique et solitaire, dont les mains inachevées sont remplacées par des ciseaux et le ramène fort naturellement et naïvement à la vie civilisée. Et commence alors pour Edward l'apprentissage de la vie en société.

Cet être pur et innocent devient non seulement un objet de curiosité et de compassion, réactions bien évidentes mais aussi, de manière inconsciente, d'adulation jusqu'au moment où, l'homme perdant sa bonté originelle, la différence entraîne la peur et l'inexorable exclusion.

Le film est d'une rare beauté formelle et d'une poésie extrême, qualités que l'on retrouve dans toutes les réalisations de Tim Burton, réalisateur singulier à l'imaginaire fécond. Il s'avère également d'une grande richesse. Non seulement il révèle la personnalité de son auteur et ses talents d'écriture mais aussi manifeste un regard fort lucide et critique sur la société, américaine en l'occurrence, et sur son prochain.

De plus, il réussit ici le parfait mélange du rire et de l'émotion qui préside aux contes de fée ainsi qu'une fin à la conclusion tout autant merveilleuse.

Ainsi, les particularités tant physiques qu'intellectuelles d'Edward sont sources de gags et de scènes très amusantes qui sont devenues cultes, telles la tonte des chiens par exemple. Et puis l'émotion nous submerge avec les premières manifestation de suspicion et d'hostilité à l'encontre du "monstre" que l'on tente de pervertir pour le "normaliser".

Pour le rôle d'Edward, Tim Burton a choisi Johnny Depp, acteur charismatique s'il en est, dont le physique particulièrement romantique sied à la composition lunaire de l'homme qui crée la neige.