DSM est un groupe qui nous vient de Saint-Dizier (52). Il sort aujourd’hui un deuxième album intitulé Elévations qui se présente comme un contrepied radical au premier album sorti en 2011 en proposant sur ce nouvel opus d’envisager les sciences de l’univers et de la matière comme objet poétique.

Et effectivement, les paroles sont très ésotériques. On saluera surtout le fait de chanter (avec une voix gutturale évidemment) en français sur les 9 titres, ce qui est assez rare dans le domaine du metal extrême. Cela nous a fait penser un peu à Alcest sur l’approche mais en plus radical sur le plan musical.

S’il fallait qualifier la musique de DSM, on dirait que ça tend parfois vers du death metal technique. Et oui, ça existe ! C’est un sous-genre de death metal qui se caractérise par des rythmiques complexes et une très grande technicité des musiciens (les canadiens de Beyond Creation par exemple). Cette technicité, elle se retrouve immédiatement sur le titre d’ouverture "Anatar", grosse claque de 5 minutes avec des changements de rythme époustouflants. Sur le titre "Infini", c’est la communication guitare-voix qui s’avère être épatante.

Au passage, on a relevé sur les crédits la présence d’un cinquième membre, Nicolas Gardel, qui a assuré enregistrement, mixage et mastering et a donc élaboré le son de ce disque. Le Georges Martin de DSM ?

Sinon, l’album se révèle assez varié avec des passages grind et surtout beaucoup de passage post black comme sur "Elévations". On a été vraiment happé par certains titres. C’est particulièrement le cas sur "Vagues" avec un démarrage tout en lenteur pour aboutir à un cataclysme sonore où le chant bascule vers le hurlement. Mention spéciale surtout à "Absence" avec son ouverture subtile à la contrebasse et ses chœurs d’enfants (la chorale des enfants du cri Jean Wiéner) qui épousent à merveille le rythme martial de la batterie. Le sommet du LP (ça tombe bien, c’est le premier clip).

En résumé, DSM est une belle découverte qui de surcroît prend le risque de composer en français et ça fonctionne. Décidément après The Great Old Ones ou Regarde Les Hommes Tomber, le metal extrême français se porte à merveille.