Sept ans après un "Jesus Christ Superstar" plutôt décevant, notamment à cause de sa forte teneur "métallique", les Slovènes de Laibach reviennent à leurs premières amours, à savoir une électronique glaciale, empreinte de rythmes industriels à l’ambiance 100% glauque. Si son prédécesseur se voulait plus optimiste, WAT transpire la haine et nous offre une vision pessimiste et exacerbée de la société. Vous êtes prévenus, bien que certains titres sonnent comme un exutoire pour dancefloor, vous ne danserez pas la gigue sur WAT.

"B Mashina" lance le propos, et martèle des phrases chocs à l’auditeur ("There is no force, no money, and no power to stop us now, and change our fate"), histoire de l’emprisonner dans l’univers Laibach dès les premières secondes.

"Tanz Mit Laibach" tend à adoucir le propos, notamment par sa rythmique entraînante, sonnant comme un hommage à DAF. Mais ne vous y trompez pas, ce titre n’est là que pour mieux nous plonger dans ce désespoir quasi-permanent de l’album, comme si le groupe nous montrait une lumière inaccessible, au loin. Non, il n’y aura pas d’échappatoire.

WAT sonne en fait comme un mélange de "NATO", par le côté easy listening de "Tanz Mit Laibach", ou encore "Das Spiel Ist Aus", mais aussi de "Kapital" pour ce petit côté drum n’ bass que l’on retrouve sur "The Great Divide", agrémenté d’une humeur froide et tranchante comme l’acier.

En définitive, si l’on fait abstraction de certains débordements propres à l’imagerie sulfureuse du groupe (le titre "Anti-Semitism" n’allège pas leur image, ou encore "Reject or Breed", présent sur le cd promo, mais qui a été exclu de l’album, à cause de ses paroles…excessives), WAT est sans conteste le meilleur album du groupe.

Rendez-vous pris pour le 6 octobre à la Locomotive…