A Los Angeles, Fuckwoman est une violeuse de violeur qui se substitue aux victimes pour appliquer la loi du Talion à leur bourreau. Presse, police et psychiatrie sont aux trousses de celle qui défie la loi, les institutions, l'ordre établi et surtout ridiculise le machiste congénital qui sommeille en chaque homme.

Très vite, le lecteur connaît son identité et anticipe le dénouement quasi-inéluctable mais cela ne nuit pas à l'intérêt de la lecture car Warwick Collins connaît bien les ficelles de l'écriture américaine un peu stéréotypée et du goût de ses compatriotes pour les super-héros, réels ou imaginaires.

Bien sûr, de manière convenue, Collins nous offre une agréable satire des mœurs et égratigne tout ce qui bouge : la presse, la poilitique, le féminisme, la justice, la psychiatrie (the/rapist) mais l'intérêt essentiel réside dans le sempiternel jeu du chat et de la souris entre le psychiatre (the/rapist) et la criminelle qui est décliné sous une variation bien peu manichéiste puisqu'il consiste en un affrontement entre une post-féministe et un vampire néomoderne.

A savourer également une percutante discussion consacrée à Tarentino. Précisons que le livre reste toujours très sexuellement correct car, au grand dam des petits curieux alléchés, les derniers outrages subis par les violeurs ne seront jamais divulgués.

Et puis, un happy end cher aux américains au final, mais Collins avait bien semés quelques indices en rappelant que l'histoire se déroulait à Los Angeles, pays de la projection où règne la schizophrénie. Quand les doubles pervers s'évnouissent, les choses et les gens reprennent leur place.