Il m'arrive souvent, comme vous sans doute, d'errer dans les librairies et au detour d'un coup d'oeil de prendre un livre au hasard, de le feuilleter, lire un passage et si affinité, l'acheter. Il n'en fut pas de même pour Mon CV dans ta gueule de Alain Wegscheider.

Et la raison en est simple, à chaque fois que je tombais sur ce petit bouquin (et oui la couverture attire l'oeil, tel un taureau dans l'arène) je ne pouvais m'empêcher de jeter un coup d'oeil à la quatrième de couverture et en être surpris de nouveau.
Car en effet, le bref résumé laissait entrevoir un sujet étonnament proche de celle d'un roman de Donald Westlake intitulé "Le couperet". A savoir, l'histoire d'un gars qui a la bonne idée de tuer tous les gens qui pourraient avoir un meilleur CV que lui afin de postuler à un nouveau poste. Pourtant à force de lorgner sur ce bouquin, j'ai voulu en avoir le coeur net et je l'ai acheté !

Et bien croyez moi ou non, mais les deux histoires n'ont absolument rien à voir ... comme quoi il ne faut pas toujours croire les quatrièmes de couverture. Des points communs existent cependant, au nombre desquels on peut citer un humour et un cynisme décapants assortis d'une immoralité totale.

Mon CV dans ta gueule commence (et se poursuit d'ailleurs) de façon très ordinaire. On le lit un peu comme un roman de hall de gare, une histoire à l'eau de rose nous contant les amourettes de bureau de Martin, jeune diplômé, qui fait des petits boulots et Gabrielle, fille d'un riche industriel, stagiaire dans la même usine. Tandis que cette histoire d'amour rend tout le monde jaloux, Thomas, ami de Martin et chômeur invétéré s'invente une méthode dite pro-active pour trouver du travail qui consiste à tuer celui dont il voudrait prendre le poste et postuler dès sa mort ! Brillant...

Et Martin profite également de l'aubaine pour postuler à la place des morts... N'en disons pas trop, mais sachez que souvent les apparences sont trompeuses jusqu'à l'idée que l'on peut se faire du livre, un peu "harlequinesque" si on se contente d'une lecture au premier degré absolu.

Au final un livre agréable et assez bluffant tant l'on ne voit rien venir, perdu dans les posters océanographiques et les beaux yeux de Gabrielle.