Si le diable se cache parfois dans les détails, c’est parfois dans ce qui est moins mis en avant que se caches les choses les plus intéressantes.
Et c’est exactement le cas ici. Si l’on devait se contenter de ce Gloria, l'une des œuvres les plus célèbres et les plus jouées du prêtre roux, interprété up tempo aux couleurs parfois trop claires et aux solistes fades ce disque n’aurait pas grand intérêt.
Pourtant il recèle deux perles incroyables. En effet l’ensemble emmené par Fasolis transfigure par un sens de l’économie et une recherche de couleurs le "Nisi Dominus", probablement le plus ambitieux des psaumes de Vivaldi, cette pièce virtuose où le timbre et le phrasé de Franco Fagioli survole le bouleversant "Surgite postquam sederitis", l’"Amen" et le "Sicut sagittae". Du caractère, du dynamisme, des couleurs que l’on retrouve dans le "Nulla in mundo". Julia Lezhneva y est éblouissante de grâce et de finesse et souligne avec éclat cette ambivalence entre musique sacrée et musique profane.
