Comédie de Jean-Claude Islert, mise en scène de Jean-Luc Moreau avec Roger Miremont, Maaike Jansen, Ingrid Donnadieu, Myriam Moraly et Nicolas Jouhet
Il y a des jours comme ça où tout, et tous, se ligue contre vous pour vous pourrir un quotidien déjà largement obéré quand on a décidé de rompre brutalement avec une maîtresse qui envisage le mariage.
C'est au tour d'Edouard, Doudou pour les intimes, d'en faire les frais. Un sursaut de raison, en fait une différence d'âge de 32 ans, amène cet enseignant quinquagénaire, éternel adolescent qui a succombé au démon de midi, à congédier la pétulante et séduisante Sarah, une de ses étudiantes et amie de sa fille. Mais rompre n'est pas facile et ce n'est pas un bon jour pour Edouard.
Car non seulement il doit faire face à cette difficile épreuve mais encore doit-il affronter son ex-épouse qui veut lui présenter son amant de 10 ans son cadet et qui ne sait pas comment l'annoncer à leur fille et cette dernière qui a décidé de squatter son appartement avec son amant qui a le double de son âge et qui ne sait pas comment le dire à sa mère ! D'où, on s'en doute, une série de quiproquos hilarants. Au fil des scènes, l'écheveau s'embrouille tellement que le pauvre Edouard se retrouve affublé d'un amant électricien émigré d'Europe de l'Est.
Et comment en est-on arrivé là ? Par la plume facétieuse de Jean-Claude Islert qui signe une comédie de boulevard très réussie déclinant avec humour la maxime "Fais ce que je te dis et ne fais pas ce que je fais" sur le sujet de la différence d'âge au sein du couple.
Quiproquos à la pelle, rebondissements à répétitions et répliques qui font mouche sont au rendez-vous et le tout s'achève non pas comme souvent, en tournant court, mais par un vrai et inattendu dénouement.
On reconnaîtra à la mise en scène la patte de Jean-Luc Moreau qui met le tout en musique avec son dynamisme habituel. Pas de temps mort et la machine a tôt fait de s'emballer, servie par une distribution épatante : les comédiens sont excellents avec un satisfecit particulier pour Ingrid Donnadieu toute en fraîcheur et naturel. La palme revient bien évidemment au duo explosif Roger Miremont, en Doudou craquant, et Maaike Jansen, impériale en femme castratrice et bornée, qui maîtrisent leur partition avec l'abattage qu'on leur connaît.
Un des bons divertissements de la rentrée !
