Wednesday Martin vient du Michigan, States of America. Elle écrit pour des journaux de son pays et nous propose une entrée dans le monde des femmes au foyer surbookées les plus riches de la planète : Les primates de Park Avenue.
Présenté comme un roman acerbe à l’humour décapant, le livre est plutôt un compte-rendu minutieux des pratiques et coutumes des primates issus des quartiers les plus huppés de Manhattan. Ceux qui ont oublié qu’ils étaient mortels, qui savent dater la création de vos chaussures (gare à vous si c’est la collection de l’année passée !) et vous juger fréquentable d’un simple regard dans les couloirs de la maternelle.
L’ouvrage, devrait-on dire l’étude anthropologique, ressemble à ce que de nombreuses mères vivent dans toutes sortes de quartiers citadins (ou non) du monde entier. A commencer par les catégories : les mères parfaites et leurs enfants coulés dans du béton, les cheveux impeccables et la silhouette maîtrisée de bas en haut, qui distribuent les sourires et les salutations en proportion égale à l’influence du carnet d’adresse de l’interlocutrice.
Anciennement reines des abeilles des bals de promo et membres de confréries chics et chères, ces mères parfaites tiennent l’éducation de leur progéniture comme miroir évident de leur propre réussite sociale. Il va sans dire qu’elles sélectionnent avec soin les fréquentations de leurs bambins. En gros, si son Papa est cadre chez Michelin, tu as le droit d’inviter Bryan à ta soirée baby-foot, mais si Maman n’a pas le dernier Gucci, Bryan restera dans son quartier de prolétaires à se faire griller des saucisses. L’autre catégorie.
Bien entendu, tout un tas de nuances existent entre ces deux groupes majeurs, une sorte de hiérarchie féodale bâtie à coups de visites chez la manucure et renforcée à chaque fête d’anniversaire.
Préjugés poussés à la limite du racisme, les barrières entre les classes sociales sont loin d’être abolies, quant à ce qui est de les franchir, c’est encore une autre paire de manches. Auscultés à la manière d’une thèse sur une espèce d’hominidé en vogue sur la planète, Les primates de Park Avenue ont les mêmes frontières invisibles posées par les adultes scolarisant leurs enfants en ZEP.
Regards en biais et moqueries en coins de la part de femmes qui doivent sérieusement s’ennuyer, l’étude des mères de Manhattan rejoint celle des mères des autres quartiers. Soucieuses de leur progéniture, ces femmes sont presque flippantes avec leurs obsessions de la perfect-attitude et de la tendance à tout prix. Parce qu’elles ont les moyens évidemment, ce qui leur donne le droit de penser être sur la strate supérieure des femmes.
D’abord larguée dans ce monde cruel, Wednesday Martin rationalise son expérience dans cet ouvrage à lire comme il vient, un témoignage d’une vie de richissime épouse de magnat.
Grinçant, le roman ouvre une fenêtre dans les couloirs des écoles primaires, moi qui me demandais ce que faisaient ces mamans à 10h au milieu de la cour de récré, je suis fixée : elles angoissent grave.
