Amateurs de sensations auditives fortes, mélodieuses et efficaces, le premier album de Serafin, o push Collide, devrait vous séduire…
Un chroniqueur chronique parfois un nouveau cd ainsi : il l’écoute, plusieurs fois, se fait sa petite idée totalement subjective… et s’en va regarder chez ses petits collègues concurrents « ce qu’en pensent les autres ». C’est notamment le cas lorsqu’il n’est pas un fan inconditionnel du genre musical auquel il doit prêter oreille, et désire vérrifier son parachute avant de sauter, histoire d’éviter le crash général…
Serafin, à la première écoute, fait penser à un mélange entre Muse et Placebo. C’est ici qu’interviennent les papiers des collègues confirmant ces dires. Entre rock grandiloquent à la mélodie fine et accrocheuse et rock ténébreux, rapide de par son rythme et ses mouvements de basse, Serafin rentre parfaitement dans ce cadre pré-formaté. Serafin a d’ailleurs signé sur le même label que Muse, et a été repéré par un des artisans des disques de Red Hot Chili Peppers ou Marylin Manson.
On retrouve de Muse –le Muse du meilleur de Show-bizz, et celui de Absolution- : le goût pour les envolées vocales épiques, pour le clavier et les guitares à la mélodie douce mais saturée, on en ressent cet étrange sensation d’une musique jouée forte mais jamais bruitiste, toujours nette sur la production.
S’ouvrant sur un titre à l’intitulé digne des barbus de Grandaddy ("Stephen’s in the Sky") annonçant la couleur de l’album, sombre et désespérée ("A heathen broke my leg and turned in my stony bed / I need people / any people"), l’album de Serafin s’écoute d’une traite, avec un même mouvement de guitare élancé. On ressent tout au long de l’album une forte tension. Les chansons sont rapides, rythmées, mais jamais précipitées.
Découvert par le single "Day by Day", qui classait Serafin entre le rock sulfureux des Foo Fighters ou de Jane’s Addiction (revendiqué sur le site, précise le chroniqueur prudent), proche des Red Hot ou de Nada surf version rock (sur "Things fall apart" ), Serafin sait alterner avec brio les passages rapides et les transitions axées sur une mélodie simple où s’efface le flot des guitares.
La Voix de Ben Fox Smith (chanteur guitariste) est toujours juste, ne s’enraille jamais comme celle d’un M. Bellamy (Muse), ce qui est particulièrement fragrant sur le très musien "Numerical"
De Placebo, le groupe possède surtout la rythmique ("No Happy" , "Lethargy" ). Et même lorsque le groupe déborde du rock au métal ("Lethargy"), on retrouve la même inspiration et la même qualité de composition.
L’album ne se termine pas innocemment sur deux balades posées, dont on retiendra notamment "Who could it be", proche des français de Calc ou des écossais de Travis, peut-être pour montrer, contrairement à des groupes comme The Eighties Matchbox B-Line Disaster, que Serafin se veut un groupe complet, allant d’abord chercher la qualité musicale avant toute précipitation, et surtout un groupe qui ne se catalogue pas.
Même s’il laisse un léger goût de déjà entendu, l’album de Serafin séduit par sa qualité globale : mélodies, rythme, chant.
