Les diabétiques s'abstiendront, la pop sucrée de Hal fait mal aux dents mais ne fait pas grossir.
Et les quatre anglais concoctent avec ce premier album la surprise atypique du moment. Très loin des grosses productions very heavy aux guitares saturées, Hal cultive la mélodie comme une fleur en voie de disparition.
Méfions nous des contrefaçons... Anglais, emmené par deux frères (Dave et Paul Allen, respectivement guitariste/chanteur et bassiste) et victime d'un succès grandissant, Hal n'insulte pas son public et ne casse pas le nez des journalistes comme d'autres groupes de Liverpool. La testostérone laisse ici place à une oasis de douceurs angéliques comme on n'en avait pas vu depuis…la comparaison est trop tentante… Les Beach Boys.
Très Pets Sounds dans le style, Hal prend forme autour de voix angéliques (Le très tubesque "I sat down") mariées à une orchestration pop du meilleur effet ("Don't come running", "What a lovely dance").
Alors pourquoi diable s'évertuer à parler des Beach Boys et Brian Wilson sur une chronique en 2005 ? Réponse en deux mots : innocence et harmonie. Naïveté et mélodie. Leitmotiv d'un groupe pas carriériste pour deux pounds, la mièvrerie côtoie la mélodie du bonheur sans malaise ni complaisance ("Play the hits"), non sans rappeler les perles sixties du grand Burt Bacharach.
Une guitare, une batterie, une basse et un piano, la recette est déjà connue, certes. Hal réussit simplement à nous faire croire l'espace d'un instant que la pop anglaise n'a pas soixante ans. Et qu'elle n'est pas encore ménopausée.
A acheter ou voler d'urgence donc, et écouter séance tenante dans les situations décrites ci-après : dans un métro aux heures de pointe, pendant les courses du vendredi soir, lors de vos réunions professionnelles inter-syndicales, lors de l'enterrement de votre chien Bobby...Et que sais-je encore...
