Film de Michel Boujenah avec Philippe Noiret, Charles Berling, Bruno Putzulu et Pascal Elbe
Philippe Noiret, père veuf, a trois enfants, trois garçons, que dis-je, trois hommes d’âge mûr, interprétés par Charles Berling, Bruno Putzulu et Pascal Elbe.
Jusque-là, tout va bien. Mais que jusque-là. Car les relations entre eux ne sont pas au beau fixe, voire tournent carrément à l’orage, et allez, exagérons complètement, au cyclone : Charles Berling et Bruno Putzulu se détestent, ce qui perturbe quelque peu la petite famille, qui, lors des repas du dimanche, n’arrive jamais au fromage. (c’est embêtant, ça fait des restes).
Le père ne peut plus supporter cette situation, et décide, ni d’une ni de deux, d’y remédier grâce à la méthode forte : suite à un malaise banal, il annonce à ses fils qu’il est gravement malade, et qu’il veut faire avec eux un dernier voyage au Québec, avant sa mort certaine. (bien évidemment il bluffe, mais il a une raison valable : il veut réconcilier ses fils).
Ce premier film de Michel Boujenah baigne dans un univers masculin, car réalisé par un homme et joué par des hommes (quelques femmes font parfois une apparition, mais ce ne sont que des seconds rôles, qui ne changent pas fondamentalement le cours de l’histoire : bref, c’est pour meubler).
Car ce qu’on peut reprocher dans un premier temps à Michel Boujenah, ce sont les longueurs qui diminuent l’intensité du film, et le manque de rythme. Passée l’introduction du film, où sont posés les personnages et l’intrigue, le spectateur s’ennuie. Les rebondissements sont prévisibles, les situations se succèdent et se ressemblent.
" Père et fils" est plein de bonnes intentions. Cette histoire d’amour paternel pour ses fils et de relations fraternelles difficiles est touchante. Mais le réalisateur a tendance à trop verser dans le sentimentalisme, le romantisme, la larme à l’œil et les clichés.
Ce film présente cependant certaines qualités. A son crédit
figurent des décors québécois magnifiques, quelques dialogues
enlevés, des accents exotiques (c’est toujours drôle d’entendre
des Québécois massacrer la langue de Molière), et un
bon jeu d’acteurs (j’ai spécialement un petit faible pour
Charles Berling, toujours charmant malgré son rôle de tête-à-claques,
et une révélation : Pascal Elbe qui, avec son petit côté
décalé et son air rebelle, est, de loin, mon"‘fils
préféré").
