Hier, il n'a pas plu. Les mauvaises herbes pointant le bout de leur cotylédons, j'en ai donc profité pour bécher un peu autour des groseilliers. La terre, un peu argileuse, est toujours un peu collante à cette époque. C'est "la terre amoureuse". Jolie image pour un phénomène, disons-le tout net, assez casse-couille qui rend le travail pénible et le résultat passable. Sans plus.
Il y aura des groseilles cet été ; c'est bien là le principal. Tout en luttant avec le sol argilo calcaire de mon potager, je pensais à cet album de White Lung. Ce Paradise sur lequel je fondais de vrais espoirs.
Si après une bonne demi-douzaine d'écoutes le groupe garde toute ma sympathie, il faut reconnaître que la nouvelle livraison des canadiens est pour le moins désarmante. La rythmique est plutôt rebondissante et donne un côté presque "dansant" à la grande majorité des titres. La guitare est à l'avenant. Certes moins graisseuse qu'auparavant, mais plus travaillée.
La voix de Mish Barber May, mise très en avant et une avec réverb' parfois excessive, garde un côté un peu démonstratif, sans être désagréable (bien que nettement moins teigneux qu'à l'accoutumée). Les titres sont compacts, directs, bourrés d'énergie et leur architecture montre un véritable progrès dans l'écriture du groupe.
Le seul vrai bémol de Paradise, c'est sa production un peu pataude qui donne l'impression que cet album a les deux pieds enfoncés dans la glaise. Le titre éponyme de l'album allant jusqu'à avoir des relents de génériques de Buffy contre les vampires.
Paradise est pourtant un album très plaisant, concis (28 minutes) et soutenu par une ligne de basse constamment vrombissante. C'est sans nul doute en live et, par conséquent, dans une livrée moins clinquante et plus brutale qu'il donnera sa pleine mesure.
Il y aura des groseilles cet été, et des concerts de White Lung à ne pas manquer ; c'est bien là le principal.
