Qui est Seldom Colin ? Difficile à dire. De page web en blog, je retrouve à chaque fois le copier-coller plus ou moins retravaillé du communiqué de presse que j’ai sous les yeux. En résumé, c’est un français qui semble aimer les déménagements et du coup, il subit des influences musicales variées dont il fait sa force. Il parle de la vie en en faisant des tranches et collabore avec d’autres artistes.
Voilà, vous en savez autant que moi. Mais au fond, est-ce bien important ? A-t-on besoin de connaître le parcours d’un artiste pour en apprécier la musique ? Évidemment, la réponse est non. Alors...
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Comme une évidence. C’est l’impression qui se dégage de "Silhouette", morceau qui ouvre magnifiquement l’album The Romantic Egotist. Avec un titre pareil, Seldom Colin parle de lui, forcément. Mais de titre en titre, il semble se cacher derrière des collaborations, des univers, des espaces sonores toujours différents, comme s’il tentait en fait de se dérober. A moins que ce soit sa façon de montrer les différentes facettes de sa personnalité. "I prefer the think of you than being with you". Voilà qui confirme bien qu’ici, le fantasme prévaut sur la réalité ! Quoiqu’il en soit, ça fonctionne. Qu’on ait à faire au "vrai" Seldom Colin ou pas importe peu, les 8 titres qui composent cet album en valent la chandelle.
Parce qu’à chaque nouvelle intro, on se dit : "Ah ouais !", parce que les voix des chanteurs et chanteuses invités se marient impeccablement avec la musique. Tantôt trip-hop puis électro-swing ou hip-hop, toujours électroniques et souvent aériennes, les compositions du français offrent un bel écrin à ces artistes. Marion Mayer (qui ouvre le bal), Sandy Levallart, Edurne Arizu, Désirée Diouf, et Mc Yinka trouvent tous leur place laissant deux titres sans paroles : "Twice upon a time" et "Le miroir", deux très beaux moments qui offrent à cet album court mais dense deux respirations bienvenues.
[] Stop
A l’image de sa pochette, l’album de Seldom Colin reste perché sur un escalier qui ne va nulle part. C’est bien ce qui plaît ici, sortir de cette détestable habitude d’aller d’un point A à un point B pour accepter de simplement voyager, pour le voyage.
Sorti en février sur le label Last Exit, le premier album de Seldom Colin, The Romantic Egotist, ravira sûrement de nombreuses oreilles, à commencer par les miennes.
