Monologue dramatique écrit et interprété par Catherine Benhamou dans une mise en scène de Ghislaine Beaudout.

Avec quelques jours de retard sur la "Journée de la Femme", commence ce spectacle singulier, écrit et joué par l’auteur.

Ana, une jeune fille illettrée mariée de force par sa mère, vit en banlieue, auprès d’un barbon, éclairée uniquement par sa participation à un atelier d’écriture dirigé par un professeur exigeant, et rêve d’aller au-delà du boulevard Périphérique, sous les jupes de la Tour Eiffel.

L’auteur et l’interprète, c’est Catherine Benhamou, qui sait manier les mots, parvient à retrouver des émotions d’adolescente, réussit à nous entraîner dans la quête d’éducation de la jeune fille pauvre et intelligente.

Aidée par Claire Vialon, en alternance avec Juliette Prillard et Natacha Stoyanova, marionnettistes, mise en scène par Ghislaine Beaudout, Catherine Benhamou n’échappe pas toujours aux poncifs très "Maison des femmes", avec l’horreur présumée du mariage des sexes opposés, mais son amour des mots qui libèrent, la fraîche naïveté désarmée d’Ana, la jolie lumière de Charly Tricot, parviennent à nous émouvoir. Que pourrait-il alors manquer à l’ensemble ? Une hauteur ?

Spectacle à part, affirmation courageuse, "Ana ou la jeune fille intelligente" existe. Et c’est tant mieux.