Concert du sextet vocal Opus Jam composé de Mathieu Becquerelle, Sébastien Bruaud, Emmanuel Cappelaere, Hervé Fontaine, Julien Guilloton et Mike Louvila.

Opus Jam allume le feu et susucite l'enthousiasme du public avec son "Motown a cappella" qui ravit les amateurs éclairés comme les néophytes en dispensant un concert qui n'évoque ni celui de choralie ni celui de la maîtrise classique même si même si son fondateur et chef de choeur a débuté dans une manécanterie.

En effet, Emmanuel Cappelaere a su fédérer des voix couvrant l'ensemble du spectre des tessitures masculines et des talents rodés tant à la scène qu'à différents registres musicaux qui nourrissent les arrangements vocaux dont il assure l'architecture pour composer et dispenser des concerts a cappella qui n'évoquent ni ceux d'une chorale ni ceux des choralies.

Sextet percutant donc, avec l'ébouriffant sopraniste Sébastien Bruaud, deux ténors, Emmanuel Cappelaere et Mathieu Becquerelle, le crooner, et deux barytons Mike Louvila dont les couleurs vibratoires lui permettent de se mesurer aux grandes voix du soul, et Hervé Fontaine, en sus, époustouflant beatboxer qui, avec la basse Julien Guilloton, assure l'accompagnement instrumental.

En l'espèce, le concert puise dans le répertoire des artistes, de Ray Charles à The Jackson Five en passant par Marvin Gaye et Diana Ross et Ray Charles, de l'écurie du fameux label Motown, fondé à la fin des années 1950, dédié au soul et au rythm & blues.

Pour que cet hommage à la musique afro-américaine ne revête pas le caractère d'un hommage momifié mais celui d'une ode à une musique vivante et intemporelle, Opus Jam revisite les standards tels "Stand by me", "Georgia" et "Change the world", sans jamais les trahir, au terme d'excellents, et pointus, arrangements qui, s'échappant de la close harmony, explorent toutes les techniques harmoniques et font de chaque morceau une pépite unique.

Point de monotonie pour ce concert tonique et endiablé, de surcroît émaillé de quelques intermèdes humoristiques permettant au sextet de s'évader vers le rap, la chanson de dessin animé ou le chant de la Renaissance et une interactivité, non populiste mais généreuse, avec le public enjoint à participer à l'exercice, qui inclut des solos et des duos permettant d'apprécier les qualités vocales de chacun des officiants.

Sans artifice scénique ni théâtralisation bavarde, la prestation virtuose de Opus Jam constitue donc un véritable coup de c(h)oeur.