Spectacle sonore et musical d'après Gros Câlin de Emile Ajar / Romain Gary, "adoption" libre et jeu de Irène Jacob, Benoît Delbecq et Jérôme Kircher, mise en scène de Jérôme Kircher, m usiques de Benoît Delbecq, programmation visuelle d'Eric Vernhes, lumières de Marie Nicolas, scénographie et costumes de Catherine Laporte.

Au titre particulièrement long correspond incontournable l'énumération de tous les intervenants à ce spectacle tant il résulte d'une synthèse et d'une osmose réussies entre le texte original "Gros Calin" de Romain Gary, ses mots et sa petite musique, les images, le son, la musique, les lumières qui concourent tous à recréer l'univers de Monsieur Cousin, "quelqu'un avec personne dedans", victime de l'anomie de la ville qui, au fil de ses soliloques, nous dévoile, non sans humour, ses incertitudes et ses douleurs, sa difficulté d'être et son besoin d'amour.

Monsieur cousin travaille, est amoureux, élève un python, imagine le geste de fou de manger les frites de l'assiette de son voisin de table, mais malgré lui il demeure transparent. Il attend un signe, un signe de l'autre et à défaut se l'invente pour survivre dans une douce folie.

La réussite de ce spectacle singulier tient à sa conception qui en fait un véritable elle même : sophistiqué par sa recherche esthétique mais nullement prétentieux et sans tape-à-l'oeil, intelligent mais sans affectation, très travaillé et pourtant d'une simplicité et d'un naturel qui laisserait accroire à de l'improvisation inspirée, élégant et simple, aérien mais profond.

Ce spectacle recèle toute la fragilité, la beauté et l'alchimie miraculeuse de l'élaboration d'une bulle de savon. Et dans cette bulle magique et poétique, évolue Irène Jacob, diaphane et lumineuse…la grâce.