Comédie dramatique de Murray Schisgal, adaptation de Laurent Terzieff, mise en scène de Jean-Luc Mingot avec Audrey Alles et Jean-Stéphane Richardeau.

Un serial killer ? Un fou ? Un homme dominé par des pulsions animales ? Non, un homme tout simplement, un homme solitaire qui a besoin de reconnaissance. Et quand cette reconnaissance n'existe pas de manière spontanée, il faut la quémander, la provoquer voire l'extorquer même par la force.

Benjamin, pseudo intellectuel autodidacte, se trouve dans un état de détresse psychologique et de confusion mentale. Il a besoin du regard de l'autre, de l'amour de l'autre, quel que soit cet autre, comme cette jeune femme inconnue qu'il enlève et séquestre. Ici, ce soir, je vous dis que je suis fou pour pouvoir être humain.

Et il parle la forçant à l'écouter. Dès lors, elle comprend que ce besoin de parole et de signe d'humanité écarte le danger immédiat de la violence et de la mort. Elle prend aussi la parole et finira notamment par lui vendre un billet de tombola ! Car finalement le révolté n'est qu'un conformiste.

La pièce de Murray Schisgal est un savant cocktail d'humour et de réflexions acerbes sur la société moderne alliant cynisme et second degré. Cette alchimie, propre aux auteurs anglo-saxons, a souvent du mal à être transposée sur les scènes françaises et elle ne fonctionne pas ici malgré une interprétation tout à fait honorable d'Audrey Alles et de Jean-Stéphane Richardeau.