Suite des aventures du jeune Ben Khan avec ce second EP, intitulé 1000. Prolongeant le sillon creusé avec le précédent 1992, l’artiste anglais se laisse aller à des mouvements plus osés. Symptomatique d’une confiance artistique nouvellement trouvée, Ben impose ses lignes de basses musclées et balance son électro sexy et gluante avec la précision d’un franc-tireur.
S’aventurant vers l’électro-funk d’un Prince avec le titre "Red" sur lequel s’entrechoquent guitares funky, basses électroniques et chant stylisé, Ben Khan prouve avoir pris le contrôle absolu de ses créations. Avançant courageusement dans la même direction, ses quatre nouveaux titres s’écartent de ceux de l’EP précédent, quelque peu contemplatif.
Ici au contraire, le son s’offre comme une fulgurance nerveuse, progressant par à coup vers une sensualité invasive. Comprendre que 1000 saute le pas et positionne enfin l’artiste sur les pistes de danse. Un endroit dans lequel ses productions hybrides, un peu mal à l’aise, finissent par remplir chaque recoin aussi sûrement qu’un raz-de-marée !
Avec ce nouveau EP, les samples gardent la même patine un peu sale que sur l’opus précédent ("2022 Zodiac"). Presque mal produit, ce fond sonore parfois hésitant, participe de façon indéniable à l’ambiance addictive et un peu nostalgique des titres. On y reconnaît l’influence des profusions soniques d’un Jai Paul ("Zenith"), marquant Ben Khan comme étant de la jeune génération d’artistes issus des rues de Londres. Et si la richesse des productions peut perturber les oreilles les moins entraînées, son chant sans prétention reste d’une efficacité indéniable.
1000 s’impose comme la seconde étape du voyage initiatique du jeune homme et augure d’un horizon doré, sinon brillant, pour l’artiste signé chez Dirty Hit. Reste à savoir quel sera le prochain rendez-vous. Un album, un troisième EP ? Qu’importe tant que la barre reste placée aussi haut !
