Que de nostalgie dans les productions actuelles ! On doit vivre une bien sale époque pour s’agripper à la musique des années 60/70 tel un enfant à sa peluche préférée. Et en même temps, c’est rassurant de constater que les bonnes choses ne se perdent pas ! C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, non ? Et puis, il est de bon ton de recycler.

Avec Treat Me Right, je découvre d’une oreille curieuse le travail de John Milk qui nous offre son premier album, son univers nourri d’influences et son hommage à la soul/funk américaine. La voix est androgyne notamment dans les aigus : sur "Tears" ou sur "Give Me More Than Time", j’ai, à quelques moments, l’impression d’entendre notre très chère Rickie Lee Jones.

L’instrumentation et les voix sont impeccables, les cuivres trouvent leur place aisément, les rythmiques sont propres et efficaces. Le tout est bien dosé ! L’album est l’équilibre parfait entre les morceaux pleins de punch et les balades lancinantes. Plus funk que soul, ce disque fait entrer le soleil à la maison. Entre les Brothers Johnson et les Bee Gees, John Milk semble avoir trouvé une brèche plutôt accueillante !

S’il est possible d’ajouter un bémol, il me manque cependant une prise de risque pour être totalement charmée. C’est un album "premier de la classe", qui ravira sans l’ombre d’un doute les ondes radiophoniques. Ces 12 titres méticuleusement articulés sont quasiment incritiquables et en même temps, il me manque ce petit je-ne-sais-quoi qui m’enthousiasme. John Milk ne parvient pas à sortir complètement des sentiers battus pour nous surprendre. Mais avec le choix d’un style aussi fort et marqué en codes, je suppose que cet exercice n’était pas des plus simples et que ce grain de folie exigé revient à demander l’impossible.

Il en ressort néanmoins un premier album très réussi qui partage généreusement une musique rafraîchissante et sucrée. L’idéal pour commencer la journée ou terminer la soirée en beauté !