3 minutes sur mer, c’est Guilhem Valayé et Samuel Cajal, un duo bien inspiré au premier album discret et efficace : Des espoirs de singes. Et Johan Guidou (le petit nouveau) à la batterie.

Une voix vibrante sur les tons graves pour des instruments frisant le suraigu, ça fait un peu sauce moutarde sur cœur d’artichaut, on aime ou pas. Une guitare omniprésente, celle qui crache l’angoisse dans les aigus et la passion dans le grésillement de ses cordes de tête. Une guitare acoustique qui résonne, un clavier qui change les sons et les agrémente de sensations et d’échos bien placés.

Des chants en français, des mots pour faire des sons, quelques phrases jetées par-ci par-là, du dadam et des lalala : "moi j’aime les gens que je ne connais pas qui laissent la porte ouverte même quand il fait froid qui ferment pas la fenêtre même quand il pleut" ("Moi et les gens"), "j’aimerais z’être loin, ne t’en fais pas, si je vais bien, ça n’t’regarde pas" ("Déjà loin").

Des espoirs et des singes ne paie pas de mine et pourtant, sous des airs nonchalants et peu remuants, une passion se dégage des 17 titres. Est-ce dû à la provenance de l’enregistrement ? La scène du canal Jemmapes a-t-elle une aura particulière ? Est-ce dû à l’opacité volontaire des paroles ? Quelles métaphores se cachent donc derrière "Le jardin", "L’eau chaude" ou la "Porcelaine" ? Une pudeur rougissante ou des fleurs pour masquer des propos pornographiques ?

"Les enfants des autres" parlent de voyeurisme ou de constatation sociologique ? Font-ils état d’un ennui profond ou d’une imagination galopante ? Le supposé message que cache l’association musique-paroles laisse progressivement place à un entêtant besoin de comprendre. En passant par la répétition des paroles (j’ai même essayé de passer les pistes à l’envers, mais rien n’y fait).

Et puis le laisser-aller, se laisser porter par la musique, par les notes aux accents d’écume et de brise marine. Caressons "les horizons fragiles". Attention au mal aux cheveux à la fin de l’album. Ça va mieux quand on le réécoute.