Réalisé par Shirel Amitaï. France/Israël. Comédie dramatique. 1h31.(Sortie le 21 janvier 2015). Avec Géraldine Nakache, Judith Chemla, Yaël Abecassis, Arsinee Khanjian, Pippo Delbono, Makram J.Khoury, Pini Tavgar et Yossi Marshak.

"Rendez-vous à Atlit", premier film de la jeune réalisatrice Shirel Amitaï est un film personnel, au point de l'avoir tourné dans sa propre maison, dans lequel elle traite de la nature du conflit israélo-palestinien et de sa possible résolution qui tient à ce que chacun des deux peuples trouvent sa place sur une même terre.

Mais elle ne procède pas de manière frontale ni de manière contemporaine puisqu'elle use de la métaphore, et même d'un empilement de métaphores, la maison, la terre, la famille, la fille du milieu, et d'un ancrage dans les années 1990 et plus précisément en 1995 durant l'été qui précède l'assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin, événement considéré comme ayant compromis le processus de paix engagé.

Ce rendez-vous fait se réunir trois soeurs de la diaspora dont les liens se sont distendus à l'occasion de la vente de la maison familiale construite par leurs aieux et qui ensuite a été la maison des vacances.

Après la joie des retrouvailles et l'évocation émue du temps de l'enfance, le huis-clos sororal révèle les rivalités intestines faites de chamailleries et de rancoeurs ainsi que leurs divergences sur la vie, l'identité juive et la fidélité aux racines.

Darel, l'aînée, qui a fait sa vie au Canada avec mari et enfants aujourd'hui adultes, (Yaël Abecassis lumineuse) traverse la crise de la quarantaine et, par nostalgie d'un temps qui n'est plus, semble la plus attachée à la maison familiale dont elle essaie de réactiver fa fonction fédératrice.

Mais elle doit se rallier à la majorité. Asia, la cadette, en crise de la vingtaine et en plein revival hippie, prêt à s'investir dans toutes les causes généreuses, (Judith Chemla à la juvénile fragilité à fleur de peau) compte sur l'argent de la vente pour financer une hypothètique quête initiatique en Inde.

Quant à Cali, la puînée, (Géraldine Nakache convaincante bravache cabossée) veut absolument vendre la maison pour liquider un passé qui ne lui a pas laissé de bons souvenirs (des parents qu'elle qualifie de "saltimbanques irresponsables" et une enfance malheureuse parce qu'elle n'était "ni le premier miracle ni la dernière chance").

"Liquidation totale" clame-t-elle haut et fort comme elle clame que son futur n'est pas dans ce pays et elle s'avère la plus acharnée à rendre présentable la maison. Mais elle est aussi la seule à s'investir dans le défrichage du jardin et à sentir le présence de l'invisible avec la présence de ses parents défunts (composition burlesque de Arsinee Khanjian et Pippo Delbono).

Un joli essai, même s'il n'est pas novateur, sur la sororité, certes saturé de bons sentiments et de bonnes intentions humanistes et pacifistes dont le reproche serait malvenu dans ce monde de brutes.