Monologue dramatique écrit et mis en scène par Michel Pascal et interprétée par Marie Lussignol.

Le même soir de Noël 1886, Paul Claudel, dans Notre-Dame-de-Paris, et la future Sainte-Thérèse, à Lisieux, ressentirent en eux l’évidence de l’existence de Dieu.

"Thérèse l'universelle", le spectacle, dont on nous dit qu’il a été joué de Kuala-Lumpur à Doubaï, en passant par Lourdes et Notre-Dame-de-Broadway, s’est arrêté pour deux mois à la Crypte de Notre-Dame-des-Champs, à Montparnasse.

Il raconte, comme son nom l’indique, la vie de cette sainte emblématique, qui est un devenu un docteur de l’Eglise. Entre sa révélation - en même temps que Claudel - et sa fin en pleine jeunesse, quelques mois après le fameux incendie du Bazar de la Charité, nous partageons son humble vie de carmel, joyeuse et quotidienne, son interrogation, la nuit de son doute, et son agonie.

Chacun sait le rayonnement de ses écrits - "L’Histoire d’une âme" a atteint le demi-milliard d’exemplaires, dans près de soixante langues - et l’on attendait un texte à la hauteur de cet écrivain-né et inspiré.

Las, la prose de Michel Pascal est un tantinet mièvre, façon catéchisme minimaliste des années soixante, pavée de poncifs, d’associations d’idées et de verbiages néo-contemporains, allant même jusqu’à propulser Thérèse à la tribune de…l’O.N.U. !

Mais les comédiens sont des magiciens et Marie Lussignol incarne avec sa douce beauté et son talent très vif la petite Normande, dans des scènes émouvantes de lavoir, de jardinage, de recueillement. On la perçoit, par le talent de la jeune comédienne qui a triomphé dans la magnifique pièce de Jean-Paul II, la "Petite boutique de l’orfèvre".

Musique de Mahler (un peu trop associée au souvenir de "Mort à Venise" pour introduire ce spectacle), petits pianotages couvreurs de voix n’ajoutent rien, mais c’est un des conformismes du temps que cette musique étouffant le texte (Michel Pascal assure aussi la mise en scène).

Somme toute, un moment émouvant, naïf, de clarté victorieuse, qui vaut par la belle présence de Marie Lussignol, réellement convaincante.