Film de Jacques Otmezguine avec François Berléand, Delphine Rollin, Nicole Calfan, François Morel et Bruno Todeschini
Un été sans nanars, c’est comme de la limonade sans bulles, une omelette sans œufs, des trottoirs parisiens sans crottes de chiens : ça n’existe pas.Mais comment reconnaît-on un bon vrai nanar, 100% du terroir ? Certains signes ne trompent pas :
1) 5 minutes après le début du film, vous avez envie d’aller aux toilettes.
2) 15 minutes plus tard, alors que le film atteint son pic d’intensité et que le suspense est à son comble, le doute vous envahit : vous avez oublié d’éteindre la plaque électrique de la cuisinière sur laquelle vous avez réchauffé la boîte de raviolis trois fromages
3) au bout d’une heure, après avoir décrété que vous étiez une intellectuelle, vous vous jurez mentalement de ne plus acheter Voici, Gala et Cosmopolitan, mais Le Monde Diplomatique, Télérama et Livres-Hebdo. (Comment ça vous n’êtes pas crédible ?!?!?!?!?)
4) vous vous demandez quand va s’arrêter le carnage.
Mais comment avez-vous fait pour en arriver là ? Tout commence lors d’une paisible soirée d’été. Vous décidez de vous cultiver, et d’aller au cinéma. Deux choix s’offrent à vous :
1) vous allez voir Terminator 3
2) vous vous rebellez, et, dans élan révolutionnaire et contestataire,
vous décidez d’entrer en résistance et de boycotter le
rouleau compresseur américain, au profit d’un petit film français,
"Une employée modèle’"
A son actif, ce film présente l’intérêt de reposer sur les épaules de François Berléand, comédien fameux, perpétuellement en train de râler, jamais content, bougon, de mauvaise humeur, blasé et désabusé. Fidèle à lui-même, François Berléand donne une touche humoristique au film, et le sauve du néant.
Mais c’est bien le seul aspect positif de ce mauvais thriller psychologique, qui raconte l’histoire d’un quadragénaire patron d’une PME d’informatique, François, en plein désarroi sentimental (son couple bat de l’aile après 25 ans de mariage) et en pleine déroute professionnelle (il entre en conflit avec des Américains, en refusant de leur vendre un brevet), qui voit lui tomber dans les bras une belle jeune femme, Florence (Delphine Rollin, bien mais pas top), battue par son mari, parfaite victime, promue standardiste dans son entreprise, et qui va bientôt devenir sa maîtresse.
Cependant n’est pas Blanche Neige qui veut : la belle cache bien son jeu, et, derrière ses roucoulades de femme comblée par l’amour se cache une bien dangereuse manipulatrice.On comprend alors la pertinence du titre, ‘une employée modèle’ : serait-ce du second degré, voire un double sens, Florence n’étant peut-être pas une employée modèle de l’entreprise de François, mais une employée modèle contre lui, dirigée par ceux qui veulent sa peau…
S’ensuivent moult rebondissements plus abracadabrantesques les uns que les autres ; un meurtre, des scènes d’amour, des trahisons, des cris, des larmes, des pleurs, des menaces, des bagarres, des courses-poursuites, des re-cris, des re-larmes, des vraies-fausses retrouvailles, et une fin… qui n’en est pas une, le danger revenant subtilement, insidieusement et subrepticement, avant que l’on ait le temps de dire ‘ouf’.
(Ô toi réalisateur, épargne-nous une suite, par pitié et par respect pour nous. Paix à ton âme!)
Amis cinéphiles, ne gâchez pas votre argent, achetez-vous plutôt
un ventilateur : c’est un investissement plus durable que la présence
durant 2 heures dans une salle climatisée, surtout si c’est pour
voir un mauvais film.
