Film de Philippe Le Guay avec Fabrice Luchini, Géraldine Pailhas, Vincnet Lindon, Claude Rich, Isild Le Besco, Camille Japy

A défaut de touristes américains, qui boudent la France cet été, les traditionnels blockbusters américains, eux, par contre, ne nous épargnent pas. Nous avons ainsi l’immense chance et l’immense privilège de découvrir sur nos écrans, devant nos yeux écarquillés (et effarés) les tous derniers chefs d’œuvre directement importés de l’autre côté de l’Atlantique, tels que ‘Hulk’, ‘Pour le meilleur et pour le rire’, ‘American party’, ‘Blue Crush’, ‘Kangourou Jack’, ‘Cody Banks, agent secret’, et j’en passe et des meilleurs (ou plutôt des pires).

Dans ce contexte, c’est avec un plaisir non dissimulé, en trépignant, tapant des mains et claquant des pieds (ou l’inverse, c’est comme vous le sentez) qu’il faut accueillir un film français, sorti le 30 juillet: "Le coût de la vie", qui bénéficie d’un casting alléchant ; Géraldine Pailhas, Fabrice Luchini, Claude Rich, Vincent Lindon, Camille Japy, et j’en passe et des meilleurs (mais vraiment cette fois).

Comme son titre l’indique, ce film a pour thème central l’argent. Il est de notoriété publique que l’argent ne fait pas le bonheur. Même si bon quand même faut pas pousser, c’est quand même mieux d’en avoir . Eh bien pas forcément…

"‘Le coût de la vie" est un film choral, qui fait se croiser et s’entrecroiser des personnages qui ont comme point commun de vivre dans l’opulence. Vincent Lindon incarne un restaurateur généreux qui offre son argent sans compter, Claude Rich, un riche (eh oui il porte bien son nom) patron désabusé qui vend toutes ses usines, Isild Le Besco, une héritière qui, à défaut de s’ignorer, se cache, et Fabrice Luchini, un homme aussi fortuné qu’avare.

Tous ces individus sont peut-être riches, mais ils ne sont pas heureux : ils courent après quelque chose qu’on ne peut acheter, qui n’est ni matériel ni quantifiable, et par conséquent qu’ils ne peuvent pas maîtriser : le bonheur. Ils sont en quête effrénée d’amour, et leur argent ne les aide pas à combler ce grand vide.

Vincent Lindon, dont la générosité est sans borne, donne son argent en échange d’une reconnaissance, d’une attention, d’amitié, d’affection ; Isild Le Besco cache sa richesse, pour être aimée telle qu’elle est, et non pour le montant de son compte en banque, en se rendant bien compte qu’autant fortunée qu’elle soit, tout ces bien matériels ne compenseront jamais la perte de ses parents. Enfin, l’avarice de Fabrice Luchini l’empêche d’exister véritablement, cramponné maladivement à ses billets, le bloquant ainsi dans ses relations avec autrui.

"Le coût de la vie"’ constitue donc une pertinente mise en relief sociologique des rapports à l’argent et de ce que cela implique dans la vie sociale et affective.

En résumé, une étoile filante dans le traditionnel désert cinématographique estival.