Comédie dramatique de Stéphane Gasc, mise en scène collective, avec Stéphane Gasc, Alexandre Le Nours et Édith Mérieau.
Quand l'ami, le mari, décide de mourir, c'est alors qu'il prend toute la place, que la femme ou l'ami cherchent dans les souvenirs enfouis à ramener à la vie.
Qui était Renaud ? Qui est Renaud ? N'a-t-il pas toujours été ce lourd poids de silence ? N'est-il pas celui qui déjà, se dérobe dans le lit conjugal ? N'est-il pas l'ami qui savait si peu partager ses sentiments ?
Les souvenirs se bousculent, les scènes se rejouent et chaque expérience vient dessiner Renaud en creux et montrer combien son absence a fait un trou dans l'espace et dans le temps. Il s'est tué en se tirant une balle dans la bouche. A un autre moment la réponse du jeu est Kurt Cobain, autre suicidé. Renaud avait peut-être aussi 27 ans.
Peut-être est-il ce feu follet de Drieu La Rochelle qui laisse derrière lui la honte et la culpabilité à ses proches de ne pas avoir su suffisamment l'aimer, le retenir. L'explosion dans la tête de l'un, n'en finit pas de résonner dans le système nerveux des deux survivants, sonnés, hébétés des années après.
"Le temps nous manquera" est écrit par Stéphane Gasc, qui joue Renaud, spectateur muet de la détresse de son ami et de sa femme. Edith Mérieau et Alexandre Le Nours incarnent avec sensibilité des personnages en souffrance, oscillant entre violence et incompréhension.
Ils interprètent avec justesse la pudeur et le malaise de deux personnes qui se rejoignent uniquement à travers leur engagement affectif envers l'absent. Dans une mise en scène sobre et délicate, ils soulignent l'indicible de la perte d'un être cher.
