Duo composé de Matthew Friedberger et sa sœur Eleanor, les Fiery Furnaces (si, si fourneaux brûlants) ont été signés par Rough Trade en 2003.

Prolixe semble un terme assez faible pour évoquer leur travail : 6 singles et deux albums à leur actif, dont le dernier Blueberry Boat est sorti en septembre 2004. Et puis ils fréquentent du beau monde sur scène : Franz Ferdinand, The Shins. Pas mal, les petits gars de Chicago, non ?

Dire que Rough Trade bat le fer pendant qu'il est chaud est incontestable : le label sort en janvier 2005, donc tout juste 4 mois après Blueberry boat une compilation des singles du groupe parus entre septembre 2003 et juillet 2004.

Donc 10 titres pour découvrir l'univers des Fiery Furnaces.

Impression d'ensemble franchement favorable : ces deux-là sont imprévisibles et composent une pop - bastringue déglinguée riche en ruptures en tout genre. La voix d'Eleanor rappelle furieusement celle de Nico, tout en conservant un personnalité propre. Les compositions oscillent entre la franche variétoche aux accents d'Abba et le Velvet Underground. Entre les deux des riffs de guitare hurlants et distordus, des synthés obsédants, des accents de cornemuses, des trompettes et des petits refrains au piano bien sentis qui n'ont pas fini de vous trotter dans le tête. Et des textes. Des vrais.

Une vraie personnalité de groupe, un univers riche dont j'ai l'impression que l'on découvre seulement les prémisses.

Mention spéciale pour "Single Again", des maris comme on en veut pas, "Evergreen" elle parle d'un conifère ou de sa défonce perso ? , "Duffer St George" et son ambiance de boîte à musique désaccordée et son piano qui rappelle furieusement celui de Taxi Girl dans Berlin avant l'Orage et "Cousin Cousin Chris", qui pourrait figurer ce que les Beatles bourrés auraient pu composer.