Monologue dramatique de Peter Turrini interprété par Christophe Garcia dans une mise en scène de Jean Macqueron.

Dans une pièce aux murs recouverts de lais de polyéthylène noir servant à la fabrication de sacs poubelles et qui évoquent ceux capitonnés des cellules asilaires, un homme en pyjama et charentaises, manteau et écharpe.

Il annonce - à qui ? au public ? à lui-même ? - son suicide imminent.

Un suicide qui va intervenir de manière singulière à la manière d'un jeu de cache-cache - avec qui ? avec lui-même ? avec le public ? - dont il est le "chercheur", avec un décompte jusqu'au nombre 1 000 qui marquera la fin, enfin.

Entre temps, il aura beaucoup parlé - de se dévoiler ? de conforter sa décision ? de tergiverser ? - pour dresser un bilan, encore une pratique "comptable", en ponctuant son ultimatum morbide de soliloques (auto)biographiques qui s'inscrivent dans la mécanique suicidaire et retardent l'échéance fatale introduisant ainsi un élément de suspense quant au dénouement.

"Enfin la fin", la partition monologale du dramaturge autrichien Peter Turrini telle qu'elle est mise en scène par Jean Macqueron et interprétée par Christophe Garcia, revêt une dualité ambiguë voir équivoque.

Car elle constitue simultanément un texte dramatique qui serait l'épilogue de l'enfermement physique et mental d'un homme vraisemblablement psychotique qui sollicite l'affect et une formidable machine de jeu pour un acteur ce qui laisse le spectateur dans un entre-deux sinon dans l'expectative.

En effet, la thématique cède devant l'exercice de style pour comédien. Mais il faut reconnaître que sur ce point Christophe Garcia est tout à fait convaincant.