Comédie dramatique écrite et mise en scène par Mariano Pensotti, avec Santiago Gobernori, Javier Lorenzo, Laura Paredes et Maria Ines Sancerni.

Le Festival d'Automne 2013 accueille deux spectacles du metteur en scène argentin Marino Pensotti présenté comme le fer de lance de la jeune génération de créateurs de théâtre de Buenos Aires.

Formé initialement au cinéma, il exporte sur la scène théâtrale les procédés tant narratifs que techniques du 7ème art pour, indique-t-il, substituer l'épique, mêlant vies privées et événements politiques, au psychologisme de l'individu sur lequel se focalise le courant mainstream du théâtre argentin.

Cela donne, en l'occurrence, "El pasado es un animal grotesco" dont la partition textuelle de son cru revêt la forme lacunaire d'un synopsis relatant en accéléré, mais néanmoins pendant plus de deux longues et interminables heures, quelques épisodes de la vie, la période de la jeunesse d'une dizaine d'années, et des destins croisés de quatre personnages.

Sur le plateau, sur une tournette divisée en quatre espaces scéniques qui tourne inlassablement dans le sens des aiguilles d'une montre, métaphore simpliste de l'écoulement inexorable du temps et du travelling circulaire, se déroulent des micro-scènes, pour l'essentiel dépourvues de dialogues, sur lesquelles est plaqué, par le moyen hybride de la voix-off et de l'audiodescription pour non-voyants, un résumé dispensé par les acteurs qui se relaient au micro de manière ininterrompue.

Sur la durée, le procédé, pour singulier qu'il puisse paraître lors des premières minutes, atteint vite ses limites, et surtout celles de la capacité d'attention du spectateur, d'autant qu'aucune dimension "épique" n'émerge du méli-mélo factuel des petites vies banales des personnages.

Cette ronde incessante finit par donner le tournis tant visuel qu'auditif, aucune pause ni silence n'intervenant dans la logorrhée verbale des récitants qui sature du fait de la naturelle volubilité de la langue espagnole débitée de surcroît au rythme d'une mitraillette.

Mention spéciale à la performance des officiants qui tiennent la distance.