Alors qu’il a commencé à attirer l’attention de certaines oreilles attentives à la fin de ses études en 2009, Chazwick Bundick, plus connu sous le pseudo Toro Y Moi (le taureau et moi), s’est très vite montré être doté d’une véritable faconde créative et entre 2010 et aujourd’hui, a sorti pas moins de 4 maxi et 3 albums. Le dernier en date, Anything In Return, est sorti au début de l’année et a très justement campé le rôle d’entité solaire au-dessus du monde de la musique.
Chaz est le type d’artiste capable de vous noyer sous un flot continu de productions, sans marquer de réelles pauses. Esthète sonore prolifique et perfectionniste, le jeune artiste est aussi un boulimique de musiques en tous genres et en tant que tel, fait appel à toute une panoplie d’influences variées pour composer son propre son.
Il faut dire que sous ses dehors de gentils garçons à lunettes, Toro s’avère une nouvelle fois capable d’évoquer une musique urbaine et cosmopolite. Sensuelle, elle emprunte alors au jazz et à la soul des lignes de basse sexy, quand ses batteries rythmées destineront la majorité de ses productions aux pistes de dance. Elle arrache aussi à la musique électro son utilisation des samples, mais aussi quelques gimmicks judicieusement martelés pour devenir la colonne vertébrale d’un titre qui deviendra (trop ?) vite obsessionnelle.
"Never Matter", "Say That" ou "Harm In Change", pour ne citer que les plus évidentes, sont toutes des chansons qui ont trouvé l’équilibre adéquat entre le dynamisme et le confort que l’on peut retrouver dans certaines sonorités issues de la Chill Wave. D’ailleurs, avec un mouvement plein de classe, le jeune prodige se démarque une fois pour toutes de ce genre musical, né quelque part entre MGMT et Empire Of The Sun, pour se placer sous une étoile toute neuve et qui ne semble pas prêt de perdre de son éclat.
Exploitant toute une gamme aux relents pop et R’n’B et desservi par une voix faussement hermaphrodite, Anything in Return et ses textes faciles cristalliseront indéniablement la jeunesse de l’artiste, théorisant en musique son propre rythme de vie. Usant de sophistication et de romantisme, le jeune homme s’apparentera alors presque à une sorte de dandy des temps modernes, dont la canne sur laquelle il s’appuiera serait ce très solide Anything in Return.
