"L’histoire d’amour qui a touché un million de lecteurs".
Un Ange à la fenêtre n’est pas à proprement parler une histoire d’amour. Pas de celle qui serait sublimée par l’interprétation d’acteurs romantiques et attachants. Mais elle raconte l’amour en grand, dans sa définition la plus large. Et la plus triste. Mais ne dit-on pas que les histoires d’amour heureuses n’ont pas lieu d’être ? Que ferions-nous d’Emma Bovary dans ce cas ?
Darcie Chan est américaine, et ce roman est son premier. Et oui il est réussi. Très réussi. Il a la magie des Noëls sous la neige et la nostalgie des vieilles personnes. Il a l’amertume des regrets et le chagrin de ne pas pouvoir recommencer là où on a échoué. Un ange à la fenêtre porte l’empreinte d’une vie gâchée par la tragédie : le viol de Mary quand elle n’était qu’une adolescente. Ce drame a complètement modifié la perception qu’elle pouvait avoir des hommes et de l’ensemble des étrangers. Et donne envie au lecteur de crier à l’injustice.
Le roman commence à la mort de cette femme, seule et isolée dans une luxueuse maison de marbre blanc. L’architecture des chapitres alterne entre la découverte du passé de Mary (ce qui explique pourquoi) et la vie après son décès, l’étrange exécution de son testament par un prêtre-ami-confident-voleur-de-petites-cuillères.
Bien qu’elle soit perçue comme une excentrique sorcière recluse, Mary Mc Allister est un ange, une bienfaitrice pour ses concitoyens de la petite ville de Mill River. Mais j’arrête là de vous raconter l’histoire, j’en ai déjà trop dit.
Ce qu’il faut retenir de ce roman est l’espèce d’acte d’amour dont il est empreint. Chaque scène, chaque personnage est décrit avec une délicatesse et une bonté incroyable. L’histoire semble être racontée par une conteuse bienveillante, les yeux dans le lointain et la compassion au coin des lèvres. Sans aucune mièvrerie, sans guimauve ni dégoulinante déclaration, Darcie Chan raconte la mansuétude, l’espoir, la douceur… l’amour sous toutes ses formes.
Un ange à la fenêtre est une bulle de sympathie dans un monde où être gentil signifie être niais. Le livre donne des envies de pardon, de compréhension, calme la colère et apaise les tensions. C’est une douce et mélancolique poésie du destin d’une petite bourgade oubliée au fin fond des Amériques.
Darcie Chan a écrit là un genre de conte philosophique apprenant à ne pas juger les gens trop rapidement, à faire preuve de miséricorde et d’humanité face à ce que nous ne comprenons pas chez les autres. Comme quoi, malgré la tristesse et le choc, l’apaisement vient un jour, si l’amour guide nos pas. Toujours l’amour. Ce drôle de truc. Beau comme un matin de Noël.
