Pièce de Thomas Bernhard , texte français de Patrick Démerin, mise en scène de Hans Peter Cloos avec Catherine Rich , Edith Scob et Pierre Vaneck
Ritter, Dene, Voss : deux soeurs, un frère, trois enfants gâtés ultimes rejetons d'une grande famille d'industriels autrichiens, otages de leur enfance, vivant reclus dans la demeure familiale ou interné volontaire dans un asile. Dans un décor aseptisé d'une esquisse de salle à manger, trois silhouettes fantomatiques ressassent le passé, temps arrêté, vies gâchées, pour continuer à égrener le temps. Dene, la névrotique, soeur incestueuse obsédée par le rituel domestque, Dene, la soeur amoureuse qui se réfugie dans la boisson et la lecture assidue des journaux et Voss, le philosophe névrotique autodestructeur.
Thomas Bernard vitupère contre tout : la société autrichienne, le théatre, la famille, les hommes...
La mise en scène est limpide car justement elle est imperceptible et laissent la part belle au texte magnifque et aux trois excellents acteurs dont le talent singulier éclaire les personnages et tout particulièrement Pierre Vaneck excellentissime dans un rôle lourd et difficile qu'il maîtrise à la perfection entre rires, ironie et pathétisme.
Dommage que ce jour là, le public ait été si frileux en applaudissements !
