Jimi Hendrix Live At Berkeley est le dernier DVD paru. Il y a encore quelques années on aurait accueilli l’occasion de voir des images d’Hendrix avec entoushiasme. Aujourd’hui, il est vrai qu’on frôle la satiété… Déjà, les derniers DVD sortis par Experience Hendrix étaient de plus en plus légers : on tirait trop sur la ficelle ; le "Dick Cavett Show" ou "Experience" méritaient à peine la place de bonus tracks d’un DVD plus consistant.
Le Live at Berkeley est un film célèbre tourné en 1970. Film de rock, années 70… deux ingrédients dangereux qui peuvent faire du film le plus intéressant sur le plan documentaire, une épreuve difficile à supporter. L’époque voulait que le réalisateur s’éclate lui aussi ou que les cameramen soient éventuellement aussi stoned que les musiciens ou le public (voir Woodstock et ses trois écrans…). On n’y échappe pas avec Berkeley , qui fait un montage parallèlle entre "Machine Gun" , le titre anti-guerre d’Hendrix, et les émeutes et la répression policière à Berkeley en 1970. On comprend bien le message de l’époque mais on préférerait voir les images d’Hendrix plutôt que les lacrymos (de la même façon, le film Woodstock coupait la moitié de la prestation d’Hendrix pour montrer les hippies après la bataille… là encore, la famille Hendrix a proposé un DVD avec la version intégrale – ou presque – de Hendrix à Woodstock).
La caméra zoome dans tous les sens, s’amuse à faire des flous, montre les chaussures d’Hendrix (!), etc. Mais le pire, c’est evidemment le montage-son. Pour faire rentrer les deux sets dans le film, on a saucissonné et défiguré les titres à coup de haches… un massacre.
Seul le célèbre "Johnny Be Goode" et ses cinq ou six solos en sort intact. Les notes de pochette laissent entendre que les images originales avant massacre existent peut-être encoore quelque part et que, peut-être, un jour… Les DVD Hendrix ont de beaux jours devant eux…
Verdict : les fans d’Hendrix l’achèteront de toute façon. Les autres : dispensable, tout à fait dispensable… Préférez les DVD Live at Woodstock ou le formidable Band of Gypsys, quand Hendrix essayait un groupe et une musique différente.
