Spectacle de cabaret écrit par Mickaël Délis, mis en scène par Mathieu Grenier et Mickaël Délis, avec Camille Champagne, Clara Huet, Léa Moszkowicz, Lise Werckmeister, Mickaël Délis, Slimane Majdi et Vladimir Perrin.
Qui refuserait l'invitation à être heureux ? Qui n'aspire pas à voir la vie en couleurs ? Qui n'attend pas le soleil après un long hiver comme porteur de promesses et de plaisirs de vivre ?"L'Armée du bonheur" nous convie à entrer dans leur cercle, à participer à leurs jeux bizarres. Conduite par Enée, meneur chahuté, les participants de ce groupe cocasse sont difficiles à définir: homme/femme, un/multiple, ordinaire/ marginal, réglementaire/illégal, sensé/fou, doux/violent.
Le spectacle d'une harmonie, de ces quelques naufragés de la vie qui chantent et dansent après quelques euphorisants et anesthésiants ; la vie heureuse : est-ce que ce serait si bien ? Libéré du travail, libéré de la conscience de la mort du souvenir de la violence, il nous resterait à danser. Une tension entre une humanité faillible et une utopie qui vire au despotisme. L'absolu ne se construit souvent qu'à travers l'exaltation des individus les plus conformes. La quête du bonheur ne tomberait elle pas dans ces mêmes travers.
Mickaël Délis réfléchit à cette obsession contemporaine du bonheur qui transforme en fête le moindre événement: on aime à rappeler que Saint-Just écrit que le bonheur est une idée neuve en Europe. C'est l'âge du culte de la fête, du bonheur comme le raille Philippe Muray en créant le concept d'homo festivus. Mickael Delis reprend le programme de Fontenelle : " j'ai cru pouvoir les instruire et les divertir tout ensemble".
"L'Armée du bonheur" est un spectacle réjouissant, la troupe, Camille Champagne, Mickaël Delis, Clara Huet, Slimane Majdi, Léa Mozkowicz, Vladimir Perrin, Lise Werckmeister mènent un show débridé se moquant d'eux mêmes, de leurs propres défauts avec un humour contagieux.
Les scènes de cabaret de cette armée à mille lieux des girls casquées du Crazy sont des créations de Mathieu Grenier qui compose les partitions et les chorégraphies comme des intermèdes bienvenus dans cet univers hystérique. Ces va et vient entre l'endroit et l'envers mis en scène de ce spectacle ne nous dit il pas qu'il faut empêcher toutes les mises au pas.
Diderot écrit dans le Supplément au Voyage de Bougainville : "Méfiez vous de celui qui veut mettre de l'ordre; ordonner, c'est toujours se rendre le maître des autres en les gênant", serait-ce dans l'objectif louable du bonheur universel.
