Comédie dramatique d'après La mastication des morts de Patrick Kermann, mise en scène de Jean-Baptiste Forest, avec Solange Albertini, Charlène Féres, Jean-Baptiste Forest, Vincent Morisse et Ari Sellem.
"Le monde d'en bas" est une adaptation du texte de Patrick Kermann : "La mastication des morts". Peut-on imaginer le séjour des morts ? quel est le chemin des âmes défuntes ? Est-ce que qu'on y reste lié par nos anciennes affections ? Est-ce qu'on peut veiller sur les vivants tels des anges gardiens attentifs ?La proposition de Jean-Baptiste Forest à travers Patrick Kermann est de rendre la diversité des vies : les morts sont soldats, footballeurs, professeurs, idiots, femmes aux désirs ardents, personnes âgées, poètes ou ivrognes. Une série de personnages qui s'expriment sur la vie, sur leur mort : suicide, assassinat, accident, mort subite.
Il s'agit d'imaginer les êtres derrière les inscriptions des pierres tombales, de ranimer, de réchauffer les corps refroidis, décomposés. Et réfléchir à notre propre destin, à ce qui n'a plus la moindre importance quand on se place de l'autre côté. On se rappelle Hamlet questionnant Yorick aux abords du château d'Elseneur.
La Compagnie Kâdra (Solange Albertini, Charlène Féres, Jean-Baptiste Forest, Vincent Morisse, Ari Sellem) fait la preuve de toute l'étendue de son talent endossant tous ces personnages aussi éloignés les uns des autres avec la même maîtrise, la même énergie, la même tendresse.
Ont-ils en tête des membres de leur entourage, des souvenirs d'enfance tellement on sent qu'ils se sont approchés au plus près de leurs personnages. Une élasticité remarquable qui ne tombe jamais dans la caricature ou la condescendance.
La mise en scène de Jean-Baptiste Forest mène tambour battant la succession des instantanés de vie, rythmant le ballet des zombies qui quittent l'espace d'une représentation, la rigidité de leur condition.
"Le monde d'en bas" ne demande qu'à revenir hanter le monde vivant dont on ne reconnaît le prix qu'à l'heure du départ. Le spectacle nous encourage à nous dépêcher d'en rire pour ne pas pleurer.
