Mais cette chanteuse de rock à tendance jazz n'avait pas dit son dernier mot, et la voici qui revient sur le devant de la scène sans crier gare.
Finie la vie de bohème, finies les années de galère, Rickie revient la tête haute et jouera même à Paris au théâtre Edouard VII devant un public qui aura payé un prix exorbitant... on ne peut pas être hippie toute sa vie quand même...
Mais si Rickie Lee Jones semble faire les yeux doux à l'establishement (ceci dit les quadra bobos prêt à lâcher 60 euro pour la voir au théâtre étaient eux aussi des rebelles il y a 20 ans et on ne peut échapper à son quart d'heure de nostalgie, il suffit de voir le succès des soirées capitain flam chez les trentenaires pour s'en convaincre), son propos reste politiquement pas correct du tout, puisque certains des textes de The evening of my best day traitent du président des Etats Unis d'Amérique, aka Bush jr et de sa politique en général ("Ugly man", "Tell somebody").
Ainsi derrière des mélodies jazzy dont elle
a le secret, se cachent quelques brûlots contre cette Amérique
déjà tant critiquée.
Il fallait bien cela pour faire sortir de sa tanière la belle Rickie
... qui fait d'une pierre deux coups. A savoir, taper sur le pouvoir et se glisser
dans la tendance du moment, qui est de ... taper sur le pouvoir.
Mais elle le fait de fort belle manière et a su s'entourer de quelques artistes majeurs du moment comme le discret mais efficace Grant Lee Phillips ou encore l'incontournable rebelle, lui aussi pourtant bien établi maintenant, Ben Harper.
Un disque oscillant entre Jazz, Blues et Folk et qui se permet même sur "Bitchenostrophy" quelques paroles en français. On prend largement plaisir à écouter cet album, que l'on prête attention aux textes ou non et c'est là sa grande force car ce disque possède 2 niveaux d'écoute. Tout d'abord la musique, entre morceaux assez entrainants et balades folk parfaites et, ensuite, les textes, tour à tour militants et poétiques mais toujours parfaitement en adéquation avec la musique.
Un tour de force pour un disque d'actualité qui peut prétendre néanmoins à une longue vie dans la grande tradition des "protests songs" écrites par Bob Dylan ou Woody Guthrie (auxquels Rickie fait référence dans sa bio).
Finalement seul le titre de l'album laisse un goût amer dans la bouche... et si l'avenir de Rickie Lee Jones était derrière elle ???
Mais qu'est ce qu'elle chante bien Rickie quand elle n'est pas contente...
