Textes de et par Pierre Debauche sous l'oeil amical de Daniel Mesguich accompagné par les musiciennes Zabo et Soraya Boulicot et la danseuse Elsa Sanchez.

Pierre Debauche est sans conteste un aristocrate du théâtre. Né en 1930 à Namur, il reste encore corps et âme dévoué à cette scène de la vérité qu'il hante depuis 1961.

A l'origine de la création du Théâtre des Amandiers, comédien d'Antoine Vitez, ou encore à l'initiative de nombreux festivals en régions, il est un passeur infatigable qui travaille avec les jeunes générations et leur transmet son exigence, son plaisir et son émerveillement toujours neufs pour l'art théâtral.

Le Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique lui rend hommage : quel plus bel hommage que de l'inviter sur scène et de le laisser l'habiller de ses mots et de ses images de poète vagabond.

Le spectacle "Danse immobile" est une collection de poèmes ou de textes écrits au cours de sa vie. Ils sont extraits des publications intitulées : "Les fiancées de Balthazar", "les sensations insolentes" ,"Flandrin acteur", "la danse immobile". Le comédien poète est une voix des songes ou des imprécations.

Accompagné de la tendresse musicale de Zabo et de Soraya Boulicot à l'accordéon, il laisse tomber les paperolles, les feuilles des poèmes comme au bord d'un chemin de vie qu'il rejoint de scène en scène. Petites pierres d'un Grand Poucet.

La danseuse Elsa Sanchez incarne une allégorie de l'amour, de la poésie ou de la langue. Elle compose des sortes de tableaux muets, bienveillante muse au côté d'un mortel qui rêve.

Pierre Debauche n'est jamais autant passionnant que lorsque sa poésie rejoint le théâtre et qu'il pose son point de vue sur l'art du comédien vis à vis du texte ou de la langue français. Aussi insiste -t-il : "parfum" ne rime pas avec "chagrin".

La mise en scène de Daniel Mesguich s'attache à placer Pierre Debauche au centre du spectacle, laissant les musiciennes et la danseuse se mouvoir autour de lui. Les costumes de théâtre ou les inflexions de voix appuyées soulignent l'artifice ou le jeu : le théâtre ne saurait mimer la vie.

Pierre Debauche avec des mots d'esprit incisifs et son regard poétique sur la vie a partagé autant sa ferveur que sa fragilité de saltimbanque et cette expérience nous est allée droit au coeur.