Texte de Simon Diard, mise en scène de Clémence Gross, avec Maya Boquet, Léopoldine Hummel et Lenka Luptakova.
La jeune Compagnie Planches-Contacts travaille de manière particulièrement intéressante sur une nouvelle forme théâtrale qui découle d'une hybridation singulière entre le théâtre et le cinéma ainsi que la fiction radiophonique pour explorer une nouvelle approche de la matière dramatique.
Son deuxième opus, "Das war eine schöne Party" fragment d'une partition elle-même fragmentaire "Comme un zeppelin en flammes dans son vol de retour" de Simon Diard, qui constituait son premier spectacle reposant sur la technique de la planche-contact pour aborder les différents possibles induits par l'intervention de l'évènement imprévisible qu'est la catastrophe aérienne, procède de manière macroscopique en faisant un arrêt sur image qui est celle de la mort d'un personnage prénommé Margarete que l'auteur qualifie de "temps zéro".
A partir de ce plan séquence, une matière textuelle rudimentaire - qui "vise à transcrire les formes de perturbation de la conscience et de l’espace-temps en cas de mort imminente" et "à décrire la hantise de la dernière seconde" dont trois comédiennes constituent "la chambre de résonance" - propose une alternative déconcertante tant en ce qui concerne la personnalité de Margaret que sa mort : périt-elle carbonisée dans un accident d'avion ou se noie-t-elle dans une piscine victime d'un arrêt cardiaque ?
Diplômée en mise en scène et dramaturgie et assistante à la réalisation de fictions radiophoniques à France Culture, Clémence Gross satisfait parfaitement aux cahier des charges en ce qu'il tient notamment à la malléabilité de la fiction, la pluralité de points de vue et la vision extérieure et intérieure d'un même instant factuel qui n'est plus le seul sujet de la représentation.
Pour ce spectacle à haute teneur intellectuelle qui joue sur la polysémie de la représentation et l'ambiguïté du rôle des corps physiques sur scène, du double au tiers étranger, et qu'elle veut expérience sonore et visuelle, elle dirige trois remarquables comédiennes Lenka Luptakova, Léopoldine Hummel et Maya Boquet qui pourraient bien être respectivement, Margaret, la narratrice et le témoin compassionnel qui demande que l'histoire soit "rembobinée".Quoique.
L'exercice est amplement réussi et s'inscrit vraiment dans la novation par rapport aux dogmes, qui tiennent davantage du recyclage que l'nventivité alléguée, d'une jeune création contemporaine. Donc une compagnie à suivre.
