Epilogue de l'oeuvre Ulysse de James Joyce interprété par Céline Salette dans une mise en scène de Laurent Laffargue.

Considéré en son temps comme sulfureux en ce qu'il révèle la quintessence du désir féminin à travers les soliloques passionnels d'une femme moderne qui veut exister, être, en dehors du joug masculin et des rigueurs de la société irlandaise, le long monologue de "Molly Bloom", qui forme l'épilogue du roman "Ulysse" de James Joyce, constitue une partition de choix pour les comédiennes.

Laurent Laffargue en propose une adaptation élaborée sur mesure pour Céline Sallette, qui, formée à l'art dramatique au Conservatoire National Supérieur de Paris, enchaîne les rôles au cinéma dont elle constitue une des étoiles montantes et a été sacrée successivement Prix Lumière du meilleur espoir féminin 2012 et Prix Romy Schneider 2013.

Incluant même des chansons, la partition lui permet de faire valoir sa palette de jeu et, à cet égard, la démonstration est réussie.

Car c'est en actrice qu'elle incarne, de manière très organique, humorale et émotionnelle, le personnage. Une actrice débordante de vitalité, de mobilité plastique, toujours en mouvement, au sens gestuel comme dans le décor, une chambre-boîte rotative réalisée par Philippe Casaban et Éric Charbeau sur une idée de Laurent Laffargue pour "éclaircir l'univers mental de Molly pour que Céline puisse y évoluer, puisse l'incarner, le jouer".