Pièce de Cyril Gely et Eric Rouquette, mise en scène de Jean-Luc Tardieu avec Francis Perrin, Thierry Frémont et Maxime Lombard
La production colossale de Dumas n’a pas de secret. Comme il est de pratique courante au 19ème siècle, il sait s’entourer de collaborateurs qui lui préparent le travail et il l’a toujours admis.Mais jusqu’où va la collaboration ? Rassembler, analyser et exploiter la documentation est une chose mais l’écriture en est une autre. Or, le doute s’installe quand le collaborateur prend la plume pour écrire, certes sous le visa du maître, et que ce dernier ne fait qu’apporter la touche finale un peu à la manière des peintres antiques.
Tel est le débat que nous propose les auteurs. La pièce se situe en février 1848 : Alexandre Dumas travaille avec son collaborateur Auguste Maquet qui depuis dix ans reste dans l’ombre et lui a permis de passer avec succès du théatre au roman.
Ce couple infernal lié par des relations complexes va exploser à l’occasion de la décision de Dumas de quémander un poste de ministre de la duchesse d’Orléans après l'abdication de Louis Philippe alors que l’insurrection républicaine fait rage. Maquet s’oppose à ce dessein peu clairvoyant et suicidaire en faisant un chantage au départ. La réaction de Dumas ne se fait pas attendre et il congédie son nègre. Démarre alors une sévère explication entre les deux hommes à l’image d’un combat de boxe, chacun allant successivement au tapis, pour finir par un match nul par intérêt commun.
Un texte vif et intelligent, une distribution judicieuse pour un face à face de qualité entre Francis Perrin qui donne libre cours à sa verve et son abattage pour incarner le terrible et plantureux Dumas tout en exubérance et en prétention et un Maquet falôt mais retors et servile auquel Thierry Frémont prête tout son talent, pour un excellent moment de théatre.
