Vaudeville de Eugène Labiche, mise en scène de Gilles Bouillon, Frédéric Cherboeuf, Jean-Luc Guitton, Cécile Bouillot, Stéphane Comby, Xavier Guittet, Denis Léger-Milhau, Léon Napias, Marc Siemiatycki, Clément Bertani, Camille Blouet, Juliette Chaigneau, Laure Coignard, Julie Roux, Mikael Teyssié et Charlotte Barbier.
Avec "Un chapeau de paille d'Italie", un de ses chefs d'oeuvre, usant et abusant à bon escient des quiproquos, Eugène Labiche propose au spectateur de suivre la folle noce de Fadinard, gandin rentier qui convole avec une oie blanche fille de pépiniériste intéressé.
Pris en étau entre le "Ciel, mon chapeau !" de la dame mariée dont son cheval a mangé le couvre-chef négligemment accroché à un arbre pendant qu'elle prenait ses aises avec un militaire et le "Mon gendre, tout est rompu !" d'un beau-père sourcilleux, Fadinard va vivre une journée angoissante en forme de marathon tragi-comique.
Gilles Bouillon ajoute un prologue, conforté par l'épilogue également surnuméraire, dans lequel Fadinard semble faire un rêve prémonitoire, ou un cauchemar, peuplé notamment d'une mariée en guêpière et à corps de centaure, qui laisse penser qu'il a opté pour le registre de l'onirisme surréaliste.
Mais, entre les deux, ce choix ne se concrétise pas par une ligne claire car il monte cette tragi-comédie certes drôlissime mais néanmoins satirique et cruelle selon le le premier degré du vaudeville dans son jus, avec des comédiens en sur-jeu et des numéros d'acteur appuyés dans lesquels excellent Xavier Guittet, le mari de la dame au chapeau, et Jean-Luc Guitton, le père de la mariée, en amalgamant les registres comiques, de l'opéra-bouffe au burlesque de l'âge d'or du cinéma muet en passant par la grosse comédie de boulevard et la comédie musicale américaine.
Par ailleurs à la rythmique de la mécanique du rire qui va crescendo jusqu'à l'emballement est substitué un rythme en montagnes russes alternant la frénésie qui n'atteint que le personnage principal - léger comme une plume, Frédéric Cherboeuf est un feu-follet qui alterne voltige et arabesques astairiennes - et la pesanteur dans certaines scènes d'anthologie.
De plus, il pâtit de la longueur des changements de décor qui auraient gagnés à être effectués à vue d'autant que constitué de panneaux mobiles conçus par Nathalie Holt, bien inspirée, et des couplets, conservés de-ci de-là, revus et corrigés par Alain Bruel et formant un melting-pot musical du ragtime au klezmer en passant par le comique-troupier.
A l'image d'une auberge espagnole, chaque spectateur, selon sa sensibilité et sa disposition d'humeur, pourra y trouver de quoi sourire, rire ou s'esclaffer.
